E. Bastide, consul de l’Union et vice-président du Vélo Club. du Gard arrêté à Montreux-Vieux

E. Bastide, consul de l’Union et vice-président du V. C. du Gard arrêté à Montreux-Vieux

M. E. Bastide, consul de l’Union et vice-président du V. C. du Gard, pratiquant toujours l’utile dulci, vient de parcourir, en bicyclette, une partie de l’Auvergne, de la Loire, du Jura, du Doubs. Laissant sa machine à Belfort il est entré en Alsace par la Suisse; il se plaisait assez dans la souricière, car il y avait depuis de longues années d’agréables relationsd’affaires, mais vouloir en sortir après avoir grignoté l’appât, c’est autre chose! comme l’on dit dans la Cagnotte.

A la gare de Montreux-Vieux, notre trop téméraire consul a été délicatement cueilli par un monsieur très galonné, accompagné de deux magnifiques pandores ornés de fort beaux casques : Bas de basepor t bas de légitimation schèin ! vodre àvaire est glaire !

Aucun respect, ces Allemands, pour l’U, V. F.! Protocole de plusieurs pages, interrogatoire minutieux, voyage chez le kreisdirector à Altkirch, chez le juge de paix de Dannémarie, chez le percepteur où, finalement, le criminel verse 80 marks de cautionnement pour sa mise on liberté. Très pratiques les Teutons! avec çà, ne les blâmons pas, ils ont probablement à subventionner la Deutsche-Rudfahr-Vérein, et ils ont recours, pour cela, à l’U. V. F. d’une façon aussi ingénieuse que délicate.

Nous avons laissé M. Bastide chez le percepteur, allons vite l’y retrouver ; son porte-monnaie allégé, il dégringole les escaliers quatre à quatre, heureux d’aller respirer l’air de la liberté à laquelle il vient do mettre le prix, il entend déjà le bruit délicieux de la locomotive qui va le rendre à sa patrie, mais un formidable Hall! lui fait perdre ses illusions et sa liberté; il faut attendre une dépêche du kreisdirector de Colmar, mais très peu pressé ce monsieur! ce n’est que le lendemain soir, après en aVoir été sollicité télégraphiquement par le gendarme ennuyé de sa longue l’action, qu’il se décide à répondre.

Sie seien fret ! Les voyageurs pour Belfort en voiture ! Heureux touriste qui, pour 30 marks et deux jours de carcere duro, a pu servir la cause de la Doutsche-Radfahr-Verein et se procurer quelques émotions — la vie est si uniforme !

Comte DE PERROT,

sources: Le Véloce-sport : organe de la vélocipédie français 18 juillet 1889

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