L’ancienne et la nouvelle église

L’ancienne et la nouvelle église

Les paroissiens de Montreux-Vieux peuvent à juste titre être fiers d’être les seuls du diocèse à vénérer Saint Alban, ce fait étant attribué au passage du moine écossais dans la région.

C’est en 1782 que l’ancienne église paroissiale avait été construite et bien des habitants de la commune se rappellent encore de son existence. Elle était située au tournant de la départementale menant à Montreux-Château, au milieu de l’ancien cimetière près de la demeure de M. Huggenberger Théophile, laquelle n’est d’ailleurs que l’ancienne cure construite vers 1838. Cette église avait 45 pieds de long, 28 de large et 18 de haut. Au pourtour du plafond il y avait une impériale gypse de 15 pouces de haut et 2 pieds de large. L’adjudication des travaux eut lieu le 30 Juillet 1781 et à l’extinction des feux ce fut M. Georges Vickert, entrepreneur de Retzwiller qui avait la mise pour 3.915 livres.

L'ancienne église de Montreux-Vieux

L’ancienne église

 Le mur du cimetière fut en même temps reconstruit et les plans dressés par l’architecte Kleber, inspecteur des travaux publics du Haut-Rhin qui devait devenir plus tard le célèbre général de Napoléon.

La construction fut achevée en 1787 et l’église bénie le 20 mai 1787 avec la permission de l’archevêque de Besançon, par Pierre Noblat, curé de Lucelle, desservant la paroisse.

Cette ancienne église fut démolie en 1899 et remplacée par l’église paroissiale actuelle.

Celle-ci fut bénie le 21 juin 1899 et sa construction a bénéficié d’un don personnel de 5.000 marks de l’Empereur d’Allemagne.

L’église paroissiale, dont la silhouette effilée du clocher domine le plateau montreusien, avec sa flèche si harmonieusement proportionnée, qui se découpe sur les contours des cimes vosgiennes, a été consacrée le 21 juin 1899.

Pose de la première pierre de l'église de Montreux-Vieux

Pose de la première pierre de l’église actuelle

 La guerre, source de tant de maux, n’a pas épargné l’édifice.

La toiture a quelque peu souffert des tirs aériens qui ont également dégradé les ardoises du clocher et détruit une partie des vitraux.

L’électrification des orgues a été réalisée en 1946 alors que celle de la sonnerie des cloches a été effectuée en 1948. Quoique la sonnerie initiale donne entière satisfaction, l’abbé Tschirrardt qui administrait la paroisse en 1913, songeait déjà à son électrification. Le travail se chiffrait alors à une dépense de 4.201 marks, dont 3.300 marks pour les moteurs seuls. Le projet fut abandonné lorsque la guerre de 1914-1918 survint, pour être à nouveau repris lorsque la paix fut revenue. Mais l’augmentation continuelle du coût jointe au manque des fonds nécessaires, firent reléguer plans et devis à un temps plus favorable.

Baptême des cloches de Montreux-Vieux

Baptême des cloches

C’est donc seulement en avril 1946 que le conseil de fabrique se réunit et, reprenant ce projet vieux d’une trentaine d’années, décidé de faire procéder à l’électrification des cloches. On s’occupa à recueillir les fonds nécessaires. Les jeunes filles constituant un groupe de J.O.C. prêtèrent leur concours par leurs représentations théâtrales. Finalement, grâce à la décision du conseil municipal acceptant de payer les frais d’installation des conduites électriques intérieures, et les dons en argent recueillis ont pu passer à la réalisation. L’année suivante, les cadrans de l’horloge piqués de rouille, faisaient place à des cadrans neufs. Puis en 1951 ce fut l’installation du chauffage électrique. La faible puissance du réseau à l’époque et l’obligation d’édifier un transformateur spécial trop onéreux, contraignit il y a exactement 20 années, la paroisse a modifié le chauffage existant, en une installation à air chaud puisé, plus rentable et efficace. En même temps, on renouvela le carrelage de l’allée centrale, et l’accès à la nef en remplacement du banc de communion supprimé. En 1973, eut lieu la réparation du paratonnerre.

Eglise de Montreux-Vieux

Mais depuis cette époque, le prêtre desservant la paroisse, l’abbé Henri Klem, lança l’idée de rénovation intérieure. Il est vrai qu’elle en avait besoin, et lors de sa dernière visite épiscopale Mgr Elchinger, évêque de Strasbourg, avait même reconnu qu’elle était l’église « la plus bariolée de son diocèse ». Son style baroque chargé en couleurs ne convenait plus à notre époque de simplicité.

Rénovation intérieur en 1974

Il fallait d’abord s’occuper du plafond profondément fissuré depuis des années, qui fut recouvert de plaques de « Novopan » peintes. Dans cette rénovation, ont été éliminées toutes les fioritures comme les fresques entourant les vitraux, la plupart des statues, de même que les deux autels latéraux dédiés à Saint-Joseph et à la Sainte-Vierge, ainsi que le maître-autel occupant une bonne partie du choeur.

Dans cette « épuration systématique » relevons encore la démolition de la chaire, alors que les stations du Chemin de Croix, dotées d’inscriptions en langue allemande ont été régénérées et dépouillées de leur cadre imposant.

Notons encore, la disparition d’un confessionnal sur deux (celui de droite) cette partie de l’église ayant été réservée pour les fonts baptismaux.

Dans le choeur, qui fit l’objet d’un soin particulier, le plafond trop chargé en couleurs et de décorations, ne comportant plus que l’image centrale de la Sainte-Vierge, et la main représentant le Saint-Esprit Afin de satisfaire aux exigences de la nouvelle liturgie conciliaire, un nouvel autel a été construit face aux fidèles.

A la fois assez sobre, il comporte la table de marbre massive, encastrée dans l’ancien maître-autel, et un certain nombre de colonnes sculptées, qui ont été récupérées sur place.

Mais alors se demandaient avec raison les fidèles : que restera-t-il de notre église ? Selon les voeux de la Commission d’art sacré, l’essentiel. C’est ainsi qu’une vierge gothique en bois sculpté, qui était délaissée au fond de l’église, a été mise en valeur et remplace sur un socle, l’autel de la Vierge. Il en est de même d’une belle Piéta en céramique provenant des Ets Elchinger de Soufflenheim, qui constitue la garniture centrale des fonts baptismaux.

Il en fut de même encore d’une toile d’un artiste inconnu représentant l’ancienne église paroissiale, aujourd’hui démolie, qui a été conservée.

L’abbé Ringue, nommé chanoine depuis, proposa de même la mise en place à l’emplacement de l’autel de Saint-Joseph, de la statue de Saint-Alban -qui se trouve au presbytère de Largitzen) patron de l’église, dédiée à ce saint martyr… Mais cela restera un voeu pieux ! Et finalement ce fut la statue du Saint-Esprit qui prît la place vacante. Naturellement l’implantation des autels supprimés fit place à un dallage approprié, alors que le choeur à été recouvert d’un « tapison ».

Mais la chose principale pour que cette rénovation soit une réussite, ce fut un choix judicieux des couleurs de la nouvelle décoration. Celle-ci a été faite dans des tons pastels, ou le crème, le gris, le saumon et le rose se fondent harmonieusement, tandis que les sculptures des colonnes et chapiteaux sont rehaussées par des dorures du meilleur effet.

Ajoutons que le lustré central a été conservé et redoré, une double rangée de spots lumineux mis en place dans la net et une série en appliques pour le choeur donnant sur l’autel pour le mettre en relief.

Naturellement, cela impliquait un renouvellement complet de tous les circuits électriques, une ligne spéciale, pour la future horloge électrique (en prévision dans un avenir plus ou moins lointain…). Pour compléter l’ensemble, deux candélabres furent placés de part et d’autre du portail de l’entrée de l’église.

Après ces nouveaux travaux, nous sommes persuadés que les paroissiens de Montreux-Vieux auront tout lieu d’être fiers de leur sanctuaire. (voir l’Alsace du 12-10-83). Lors de la préparation du budget 1983, le nouveau conseil municipal de Montreux-Vieux avait décidé de prévoir un crédit extraordinaire de 150.000 Frs pour les travaux de rénovation de l’église. Ceux-ci devaient comprendre le remplacement du grillage protégeant les vitraux, la rénovation complète de la toiture, les travaux de ferblanterie en découlant, ainsi que l’installation d’un parking près de l’entrée, côté rue de Belfort.

Cette cure de jouvence était devenue indispensable plusieurs tornades ayant « soufflé » une partie de la toiture, les tuiles mécaniques « Gilardoni » d’origine était devenues introuvables, et celles de remplacement n’ayant pas la protection souhaitée contre la pluie et de la neige (plusieurs infiltrations avaient été constatées).

Le travail fut mené à bien en l’espace de trois semaines. Désormais l’église peut s’enorgueillir d’une nouvelle toiture en tuiles Redland de couleur anthracite, après révision complète de la charpente existante et un nouveau lattage, de même que sur la sacristie atténuante, alors que la toiture en tuiles plates du choeur, a été révisée et plus de 500 tuiles remplacées.

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Le lustre central

Rénovation intérieur en 1997

C’est par délibération du Conseil Municipal du 26 juin 1997 que le Conseil Muncipal a décidé de procéder à la rénovation intérieur de l’église . Le devis établi par le Cabinet d’Architecture Finck de Dannemarie s’élevant à 756 947.11 a été adopté.

Les travaux ont été entièrement terminés en 1998 et se sont élevés à 588 641.87F (part communale) ET 264 633F (Conseil de Fabrique). Une subvention de 20 000F a été versée par l’Evêché, 100 000. par le Conseil de Fabrique et 167 926. F par le Conseil Général. soit 287 926. au total.

L’orgue centenaire restauré en 1993

Depuis son installation en 1899 par le facteur d’orgue « Voit und suhne » de Durlach en Allemagne, l’instrument de Montreux-Vieux n’a subi aucune modification. « Ce qui est tout à fait exceptionnel », souligne Michel Gaillard, organiste et facteur d’orgue de l’entreprise « manufacture d’orgues franc-comtoise » Bernard Aubertin de Courtefontaine (Jura). En fait, précise le spécialiste de la restauration, « c’est un instrument de bonne facture, une pièce unique en Alsace. De plus, en état de conservation intact, même si, ces dernières années, il a quelque peu souffert des infiltrations d’eau. »

Inauguré avec l’église, l’orgue avait été offert à l’époque par la municipalité de Montreux-Vieux. En 1972, il a subi un relevage réalisé par l’entreprise Kern de Strasbourg.

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L’orgue centenaire

« Au cours de cette opération, un certain nombre de jeux avaient été déclarés défectueux, mais non remplacés par manque de moyens ».

En 1976, année de sécheresse, l’orgue subit une détérioration supplémentaire qui le prive d’un bon nombre de fonctions musicales essentielles. « En 1985, le conseil de fabrique lance des appels d’offres en s’adressant à plusieurs facteurs d’orgue. Ce projet s’accompagne d’un plan de financement », d’autres priorités apparaissent au niveau des travaux de l’église, notamment la rénovation des horloges et cadrans. « Le projet de rénovation des orgues est alors mis en sommeil ». En 1990 pourtant, les responsables de la paroisse consultent à nouveau des entreprises qui réactualisent les devis. L’affaire est confiée à l’entreprise Aubertin, la commune prenant en charge la maîtrise d’ouvrage.

Les travaux ont été achevés pour le 20 juin 1993, date de l’inauguration. (l’Alsace des 12-10-83 ; 8-5-93 ; 17-4-85 ; 28-8-85).

Le clocher décapité – Repose de la croix

La foule accompagnant la dépouille mortelle du sous-lieutenant des sapeurs-pompiers ; M. Jean-Paul Brungart, se trouvait au cimetière paroissial lorsqu’une véritable tornade, précédée par des coups de tonnerre violents éclata brusquement.

Les rafales de vent accompagnées de grêle déferlèrent sur le village, mutilant quelques arbres et arrachant quelques tuiles.

L’organiste, le professeur M. Pierrot Holbein, venait de quitter l’église après l’office religieux lorsqu’il vit brusquement la flèche de l’église osciller dangereusement, avant de se coucher, la croix en fer d’une hauteur de 4 m, se rabattant sur les ardoises du clocher, le paratonnerre restant le seul point d’attache fragile. Aussitôt, les pompiers sur place prirent les mesures d’urgence nécessaires, barrant la rue de l’Eglise, la croix se balançant dangereusement à 40 mètres du sol à chaque coup de vent, et risquant de se détacher à tout moment…

Le maire, averti, fit appel au capitaine Hartmann, inspecteur départemental adjoint des Services Incendie et de Secours, afin de trouver une échelle adéquate pouvant atteindre « l’objet volant ». Mais la plus grande échelle des sapeurs pompiers de Mulhouse n’atteignant que 36 mètres, ne pouvait pas convenir. L’affaire en resta donc là, toutes les précautions devant êtres prises, par les personnes se rendant aux offices, en longeant l’édifice pour atteindre l’entrée principale.

C’est le 29 Août 1985 que la repose de la croix a eu lieu sur le clocher de l’Eglise.

Cette tâche, particulièrement délicate, devant être réglée dans les moindres détails, a été confiée à l’entreprise Murier de Thann.

Déjà, pour la dépose, des échafaudages ont dû être édifiés au moyen d’éléments tubulaires posés de part et d’autre du sommet du clocher, sur la charpente. Le travail de repose s’est effectué en trois étapes et a duré toute la journée. Tout d’abord, par un treuil à moteur avec un second treuil retenant le câble de direction, la masse métallique de plus de 200 kg et de 6 mètres de long a dû être soulevée jusqu’à l’échafaudage. C’était ensuite un palan à main qui avait été installé au dessus du faîte du clocher qui l’a amené à pied d’oeuvre, alors que l’orage menaçait. C’était le moment le plus scabreux et les curieux frémissaient à terre, en regardant ces véritables artistes évoluer dans un équilibre précaire.

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Après quoi la fixation définitive a pu intervenir.

Avant qu’elle ne soit élevée dans les airs, l’abbé Goepfert, curé, avait procédé à sa bénédiction avec une prière de circonstance: « cette croix qui sera scellée sur notre église, dominera maisons, jardins et terres, on la verra de loin, qu’elle nous montre le chemin à suivre, qu’elle protège notre cité, qu’elle soit le signe de notre espérance et de notre foi… »

Rappelons que cette croix avait été posée initialement en 1898 lors de la construction de l’église. (L’Alsace des 12-10-83 ; 8-5/93 ; 28-8-85)

Le centenaire de l’église

La cérémonie du centenaire s’est déroulée le dimanche 20 juin 1999 à 15h . Elle a été présidée par Monseigneur Hégélé, évèque auxiliaire de Strasbourg , né à Montreux-Vieux au n° 29 de la rue de Dannemarie (aujourd’hui 5, Rue d’Alsace) le 30 janvier 1925. Un ensemble de cor de chasse a prêté son concours à cette occasion. A l’issue de la cérémonie un vin d’honneur a été servi à la salle des fêtes par la municipalité après les discours de Messieurs Denis De Vittori, Maire et Reverchon Claude, Président du Conseil de Fabrique.

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