Montreux-Vieux la fête du village autrefois. (En Alsace la Kilbe)

Montreux-Vieux la fête du village autrefois. (En Alsace la Kilbe)

Chaque année à Montreux-Vieux, au mois d’août, les associations locales ou les conscrits organisaient la fête du village dite la « kilbe ». Ces festivités qui ont débutées vers 1950 se sont poursuivies jusqu’aux environs des années 1975. Elles donnaient l’occasion  aux  familles et amis de se retrouver et de passer d’agréables moments. Le lieu de la fête  était situé près des écoles actuelles  et ses alentours sauf les dernières années ou tout se passait devant le bâtiment de la gare et son prolongement. Un bal était monté avec une buvette garnie de tables et de bancs, l’ossature de la structure était en bois recouverte de bâches de différentes couleurs, la piste du bal en parquet de chêne  était surmontée d’une petite scène sur laquelle les musiciens s’installaient et réalisaient leurs prestations.

Les Silver Star durant une de leurs prestations

Les organisateurs, afin de rendre la piste  plus glissante,  pour  faciliter la danse, versaient avant le début des festivités de la paraffine sur le plancher. Il fallait acheter un ticket pour se présenter sur la piste de danses sans quoi il n’était pas possible d’accéder à la piste. A cette époque  la techno n’existait pas, mais il y avait: la valse, le tango, le cha cha, le boléro, la marche, le paso doble, la rumba, la mazurka  et d’autres.

Sous le chapiteau dans un coin de la structure,  était érigé le « bar champagne » ou étaient servies diverses boissons dont le fameux « vin mousseux » qui ne faisait pas toujours du bien à la tête. Le fournisseur de boissons de l’époque était alors M. Barbier Ernest de Montreux-Vieux  qui travaillait  sous l’enseigne « Les Caves Saint Alban ». Pour rafraichir les boissons, des pains de glace provenant de la boucherie Braunstedter étaient disposés au fond d’un  bac en bois muni d’un couvercle sur lesquels la boisson était posée de manière qu’elle reste fraîche. Pour celles et ceux qui avaient une petite faim il y avait toujours des casse-croûte, et bien entendu les traditionnelles « Winerla », viennoises chaudes avec ou sans moutarde, le ketchup n’existait pas.

La fête débutait le samedi soir puis se poursuivait le dimanche après midi, le dimanche soir, idem pour la semaine suivante et ou la fête se terminait le dimanche soir.

Autour du bal il y avait quelques manèges : les chevaux de bois destinés  principalement aux enfants, les balançoires en forme de bateaux, les chenilles, un manège à grande sensations pour l’époque, le cri-cri, manège ou les sièges étaient suspendus par des chaînes et qui tournait, les auto-tamponneuses ou des « bleus et bosses » faisaient leurs apparitions à la descente des engins, ainsi qu’un manège avec de petits avions  destiné également aux petits enfants.

Des forains installaient le long de la route des stands de friandises, de tirs, des jeux de loterie,  les organisateurs  de la fête de leur côté aménageaient celui dit de « casseroles » jeu ou il fallait faire tomber des casseroles posées sur une planche en les visant avec des boules de chiffons lancées à partir d’une certaine distance, sans oublier le traditionnel jeu de quilles en bois.

Les associations ou conscrits organisaient quelques jeux dont la course aux sacs (il fallait courir dans un sac de type « de pommes de terre »),  le mât de cocagne qu’il fallait escalader pour décrocher des friandises, jambons etc,  les pots d’argile  remplis soit par du sable, de l’eau, de la sciure de bois  etc accrochés en hauteur à une corde qu’il fallait casser, les yeux bandés, avec un bâton en bois.

Le propriétaire du manège dit « cri cri » était Monsieur Issemann, il y avait également un autre Monsieur, propriétaire de petits manèges dont le surnom était Monsieur « Lamouche ». Ces personnes  étaient connues par de nombreux enfants qui, tous les ans, les attendaient avec impatience.

Quelques bagarres éclataient de temps en temps comme partout mais la fête du village était surtout un moment de convivialité, de rire, de rêves pour les grands et les petits. Beaucoup de montreusiennes et montreusiens se souviennent aujourd’hui encore de cette fête du village avec une certaine nostalgie.