{"id":21686,"date":"2020-10-23T13:41:06","date_gmt":"2020-10-23T12:41:06","guid":{"rendered":"http:\/\/montreux-vieux.net\/?page_id=21686"},"modified":"2020-10-23T16:25:00","modified_gmt":"2020-10-23T15:25:00","slug":"la-ligne-de-montreux-vieux-a-l-auw","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/montreux-vieux.net\/?page_id=21686","title":{"rendered":"La ligne de Montreux-Vieux a Lauw"},"content":{"rendered":"\n<p>La question de la ligne de Montreux-Vieux a Lauw, dont le ministre des Travaux publies a promis, le mois dernier, de reprendre personnellement l&rsquo;\u00e9tude, a fait couler beaucoup d\u2019encre. Elle pr\u00e9sente, en effet, un r\u00e9el int\u00e9r\u00eat pour un grand nombre de communes du Territoire tandis que se poursuit l\u2019enqu\u00eate  dont la conclusion sera sans doute connue d&rsquo;ici peu. il nous a paru int\u00e9ressant de nous renseigner \u00e0 bonne source sur l\u2019\u00e9volution de cette affaire compliqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous devons avouer qu&rsquo;apr\u00e8s notre examen, la complication, n\u00e9e des d\u00e9cisions contradictoires des autorit\u00e9s int\u00e9ress\u00e9es, nous parait pire encore que nous ne supposions.<\/p>\n\n\n\n<p>En tout cas voici les faits.<\/p>\n\n\n\n<p>Premi\u00e8re p\u00e9riode La ligne de Montreux-Vieux \u00e0 l.auw a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie, pendant la guerre, par les arm\u00e9es fran\u00e7aises comme ligne de ravitaillement.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle est \u00e0 voie unique, \u00e0 \u00e9cartement normal (1 m. 44) et sa longueur est environ 20 kilom\u00e8tres. Elle devait aboutir primitivement entre Sentheim et Guevenheiin mais la position du front a oblig\u00e9 \u00e0 aboutir vers l.auw en faisant un rebroussement \u00e0 Mortzwiller.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque, dans sa s\u00e9ance du 28 avril 1920 la Commission militaire, sup\u00e9rieure des chemins de fer eut \u00e0 examiner le maintien pour les besoins militaires des installations cr\u00e9\u00e9es pendant la guerre, le maintien de la ligne fut d&rsquo;abord envisag\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le r\u00e9seau d&rsquo;Alsace et de Lorraine dit savoir, peu de temps apr\u00e8s, que la mise en exploitation de la ligne ne pr\u00e9sentait qu&rsquo;un int\u00e9r\u00eat minime au point de vue commercial et que la d\u00e9pense de remise en \u00e9tat (alors \u00e9valu\u00e9e a 6 millions) incomberait, de m\u00eame que les d\u00e9penses d&rsquo;entretien, au budget de la Guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autre part, en 1921, la Guerre, apr\u00e8s nouvel examen, estima que le trac\u00e9 \u00e9tait d\u00e9fectueux et conclut que la ligne serait d\u00e9pos\u00e9e, la plate-forme seule \u00e9tant conserv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce fut la premi\u00e8re p\u00e9riode. Il semblait que tout espoir d&rsquo;exploitation dut \u00eatre abandonn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019espoir rena\u00eet<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;A ce moment, entr\u00e8rent en jeu les collectivit\u00e9s locales, qui, par l\u2019interm\u00e9diaire de leurs repr\u00e9sentants et surtout du pr\u00e9fet de Colmar, demand\u00e8rent le maintien \u00abte la voie ferr\u00e9e et sa mise en exploitation.<\/p>\n\n\n\n<p>Un certain flottement en r\u00e9sulta et l\u2019ordre de d\u00e9pose de 1921 ne fut pas ex\u00e9cut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Par lettre du1er&nbsp; ao\u00fbt 1923. le r\u00e9seau avisa de cette situation le ministre des Travaux publies et le ministre de la Guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>A la suite d&rsquo;une correspondance entre les deux ministres, la Guerre lit conna\u00eetre, le 6 mars 1924. Qu\u2019elle &nbsp;acceptait :<\/p>\n\n\n\n<p>1,de prendre \u00e0 sa charge les d\u00e9penses d&rsquo;acquisition des terrains comme cons\u00e9quence de sa d\u00e9cision ant\u00e9rieure de conserver la plate-forme de la ligne en vue de son r\u00e9tablissement \u00e9ventuel ;<\/p>\n\n\n\n<p>2&Prime; de laisser gratuitement au r\u00e9seau d&rsquo;Alsace et de Lorraine le mat\u00e9riel de voie entrant dans la composition de la ligne proprement dite, a l\u2019exclusion de celui des installations annexes dont le maintien n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9vu au d\u00e9cret du 26 f\u00e9vrier 1923.<\/p>\n\n\n\n<p>II \u00e9tait entendu que les d\u00e9penses entra\u00een\u00e9es par la mise en exploitation et les travaux de parach\u00e8veront n\u00e9cessaires seraient \u00e0 la charge des chemins de fer d\u2019Alsace et de Lorraine qui incorporeraient la ligne \u00e0 leur r\u00e9seau, les terrains lui servant d\u2019assiette devant, d autre part, \u00eatre incorpor\u00e9s au domaine public des chemins de fer.<\/p>\n\n\n\n<p>On pouvait croire \u00e0 ce moment que la mise en exploitation allait de nouveau devenir possible. On va voir qu\u2019il n en \u00e9tait rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Rien ne va plus<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est alors, en effet, que, les conditions \u00e9conomiques ayant chang\u00e9 par suite de la baisse du franc, commen\u00e7a la troisi\u00e8me &nbsp;p\u00e9riode : cette p\u00e9riode se caract\u00e9rise par la d\u00e9cision du r\u00e9seau de renoncer \u00e0 l&rsquo;exploitation de la ligne.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, par une lettre du 20 octobre 1925, le directeur du r\u00e9seau a fait observer au ministre des Travaux publics : d\u2019une part, que la ligne ne pouvait compter que sur 3.350 fr. de recette kilom\u00e9trique alors que les frais d\u2019exploitation &nbsp;s\u2019\u00e9l\u00e8veraient \u00e0 35.000 fr. par kilom\u00e8tre ; &nbsp;d&rsquo;autre part, que la r\u00e9fection entra\u00eenerait une d\u00e9pense consid\u00e9rable ; car il faudrait rectifier le trac\u00e9 sur de nombreux points faire dispara\u00eetre par une d\u00e9viation co\u00fbteuse le cul-de-sac de Mortzviller, renouveler toutes les traverses, construire les gares, \u00e9tablir les signaux et les enclenchements, etc&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>M. le ministre de la Guerre, avis\u00e9 de ce changement d\u2019appr\u00e9ciation, invita alors le r\u00e9seau, par une lettre du 7 d\u00e9cembre 1925, \u00e0 arr\u00eater jusqu&rsquo;\u00e0 nouvel ordre les op\u00e9rations d\u2019acquisition des terrains.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9saccord avec la population<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ce qui a \u00e9t\u00e9 fait. Mais en 1926, \u00e0 sa s\u00e9ance du 24 mars, la Commission militaire sup\u00e9rieure des chemins de fer a estim\u00e9 que cette nouvelle situation ne&nbsp; pouvait se prolonger. En effet, sur 350.000&nbsp; francs de terrains \u00e0 acqu\u00e9rir, 50.000 fr<\/p>\n\n\n\n<p>environ avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 acquis. Les propri\u00e9taires des autres terrains s\u2019attendaient a \u00eatre pay\u00e9s et ne l\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains riverains de la ligne, pouvant croire de tr\u00e8s bonne foi que la ligne serait maintenue, avaient pu prendre leurs dispositions en cons\u00e9quence.<\/p>\n\n\n\n<p>On ne pouvait laisser dans l&rsquo;incertitude les populations int\u00e9ress\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la ligne de Montreux-Vieux \u00e0 Lauw devait \u00eatre abandonn\u00e9e, il convenait que l\u2019autorit\u00e9 militaire fit rapporter le d\u00e9cret du 26 f\u00e9vrier 1923, pris sur sa proposition. et qui avait autoris\u00e9 la conservation des terrains sur lesquels est \u00e9tablie la voie ferr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette mesure ne pouvait \u00eatre prise que si le ministre des Travaux publics renon\u00e7ait au maintien de cette voie ferr\u00e9e ; il \u00e9tait d&rsquo;abord n\u00e9cessaire de r\u00e9gler cette question.<\/p>\n\n\n\n<p>La Commission concluait que le maintien ne pouvait se justifier ; que les d\u00e9penses de remise en \u00e9tat seraient hors de proportion avec les services rendus.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle ajoutait que, d&rsquo;autre part, la r\u00e9gion int\u00e9ress\u00e9e \u00e9tait tr\u00e8s bien desservie comme moyens de transport. Il existait, disait-elle, un chemin de fer d\u2019int\u00e9r\u00eat local entre Belfort et La Chapelle-sous-Rougemont sur une longueur de 17 km. De la station des Errues, situ\u00e9e \u00e0 5 km avant La Chapelle, partaient deux embranchements. Un service d\u2019autobus reliait cette derni\u00e8re localit\u00e9 \u00e0 Massevaux, etc&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Inutile de signaler que, sur ce dernier point, l&rsquo;autorit\u00e9 militaire n\u2019est pas d&rsquo;accord avec la population int\u00e9ress\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet semble d\u00e9finitivement abandonn\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>c&rsquo;.est dans ces conditions que furent adress\u00e9es, en avril dernier, aux \u00e9lus du Territoire, les r\u00e9ponses minist\u00e9rielles n\u00e9gatives dont on se souvient et dont nous rappelons le passage essentiel :<\/p>\n\n\n\n<p>La question du maintien de la ligne dont il s\u2019agit a fait l\u2019objet, l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, d&rsquo;une \u00e9tude approfondie de la part tant du R\u00e9seau d\u2019Alsace et de Lorraine que du service du contr\u00f4le.<\/p>\n\n\n\n<p>Il r\u00e9sulte de cette \u00e9tude que les travaux \u00e0 ex\u00e9cuter pour mettre en exploitation la ligne dont il s&rsquo;agit entra\u00eeneraient une d\u00e9pense consid\u00e9rable hors de proportion avec les services \u00e0 en attendre.<\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, le d\u00e9partement de la Guerre a fait conna\u00eetre, le 10 avril dernier, que le maintien de la ligne ne s&rsquo;imposait plus au point de vue des int\u00e9r\u00eats dont il a la charge.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa s\u00e9ance du 26 avril 1926, le conseil g\u00e9n\u00e9ral des Ponts et Chauss\u00e9es a conclu \u00e9galement dans le sens de l&rsquo;abandon de ce chemin de fer.<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet \u00e9tait ainsi d\u00e9finitivement abandonn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet \u00e9tait ainsi d\u00e9finitivement abandonn\u00e9. Toutefois, sur la demande des tuileries de Foussemagne, on \u00e9tudiait pour le service de cet \u00e9tablissement et sous le r\u00e9gime de voie m\u00e8re d\u2019embranchements, le maintien d&rsquo;un tron\u00e7on de 3 kilom\u00e8tres.<\/p>\n\n\n\n<p>Nouvel aspect de la question<\/p>\n\n\n\n<p>On se souvient que, depuis lors, le ministre actuel des Travaux publics a \u00e9t\u00e9 saisi par M. Girardin, vice-pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Agriculture, au nom de nombreux habitants du canton de Fontaine. d&rsquo;une nouvelle demande tendant \u00e0 maintenir la ligne en exploitation, gr\u00e2ce au concours des collectivit\u00e9s int\u00e9ress\u00e9es, de Montreux \u00e0 Vauthiermont, c\u2019est-\u00e0-dire sur un parcours de 9 kilom\u00e8tres.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait l\u00e0 un nouvel aspect de la question et c\u2019est cet aspect nouveau qui est pr\u00e9sentement \u00e0 l\u2019\u00e9tude.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour nous, qui ne sommes ni des autorit\u00e9s militaires, ni des autorit\u00e9s ferroviaires, il y a. dans cette affaire, une cause de surprise et de regret : c&rsquo;est qu\u2019on ait si souvent chang\u00e9 d\u2019avis.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment a-t-on pu, en six ans, professer des opinions contradictoires, tant sur futilit\u00e9 militaire de la ligne que sur ses possibilit\u00e9s d\u2019exploitation commerciale ?<\/p>\n\n\n\n<p>Un est ainsi tomb\u00e9 au point mort o\u00f9 M. Andr\u00e9 Tardieu a trouv\u00e9 le dossier \u00e0 son arriv\u00e9e aux Travaux publics.<\/p>\n\n\n\n<p>A ce moment, toute id\u00e9e de maintenir la ligne se trouvait d\u00e9finitivement abandonn\u00e9e et personne ne parlait encore de la solution subsidiaire, qui seule demeure aujourd&rsquo;hui en question.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce dont les populations du canton de Fontaine ont surtout lieu de se plaindre c\u2019est qu\u2019on les ait longtemps laiss\u00e9es en \u00e9tat d\u2019incertitude.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous voulons esp\u00e9rer que cette situation, qui a dur\u00e9 de 1920 \u00e0 1926, ne se prolongera pas et que, bient\u00f4t, nous serons fix\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Sources&nbsp;: Le R\u00e9publicain de Belfort 25 septembre 1926<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La question de la ligne de Montreux-Vieux a Lauw, dont le ministre des Travaux publies a promis, le mois dernier, de reprendre personnellement l&rsquo;\u00e9tude, a fait couler beaucoup d\u2019encre. 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