{"id":19503,"date":"2026-06-01T00:13:00","date_gmt":"2026-05-31T23:13:00","guid":{"rendered":"http:\/\/montreux-vieux.net\/?p=19503"},"modified":"2026-04-23T12:10:23","modified_gmt":"2026-04-23T11:10:23","slug":"parmi-les-figures-dalsace-helene-vonbank-de-montreux-vieux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/montreux-vieux.net\/?p=19503","title":{"rendered":"LA JEUNE FILLE LA PLUS MERITANTE DE FRANCE"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">LA JEUNE FILLE LA PLUS MERITANTE DE FRANCE<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">H\u00e9l\u00e8ne Vonbank<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Nom : Vonbank \u2014 Pr\u00e9nom : H\u00e9l\u00e8ne. \u2014 Date.et lieu de naissance : 2 f\u00e9vrier 1896, \u00e0 Mulhouse {Haut &#8211; Rhin}. &nbsp;\u2014 Adresse actuelle&nbsp;: Montreux-Vieux, chez M. Seb. Goetz. \u2014 Profession . : M\u00e9nag\u00e8re. \u2014 Personnes a sa .charge : deux, Mme Goetz, {68 ans, paralys\u00e9e ; M. Goetz, 73 ans. Il n&rsquo;y a pas de parent\u00e9. Le fils d\u00e9s \u00e9poux Goetz \u00e9tait mari\u00e9 en premi\u00e8res noces avec la tante d&rsquo;H\u00e9l\u00e8ne.<\/em><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/montreux-vieux.net\/montreux-vieux.net\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Screen-Shot-06-10-20-at-05.32-PM-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-19653\" width=\"622\" height=\"483\" srcset=\"https:\/\/montreux-vieux.net\/montreux-vieux.net\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Screen-Shot-06-10-20-at-05.32-PM-1.png 722w, https:\/\/montreux-vieux.net\/montreux-vieux.net\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Screen-Shot-06-10-20-at-05.32-PM-1-300x233.png 300w, https:\/\/montreux-vieux.net\/montreux-vieux.net\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Screen-Shot-06-10-20-at-05.32-PM-1-600x466.png 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 622px) 100vw, 622px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;C&rsquo;est en Alsace, \u00e0 Montreux-Vieux, qu&rsquo;H\u00e9l\u00e8ne Vonbank m\u00e8ne, un peu ,\u00e0 l&rsquo;\u00e9cart du paisible village, sa vie de d\u00e9vouement et de sacrifices. N&rsquo;imaginez pas notre h\u00e9ro\u00efne coiff\u00e9e du large ruban de satin noir, ni v\u00eatue de la coquette robe dont le corsage laiss\u00e9 voir la fine dentelle de la chemise et dont la jupe, courte et fronc\u00e9e, se balance si gracieusement&nbsp;! Des rubans ? La .pauvre fille n&rsquo;en a jamais port\u00e9, ni achet\u00e9, ni m\u00eame peut-\u00eatre s\u00e9rieusement d\u00e9sir\u00e9. &nbsp;Quant aux dentelles, elle ne se pr\u00e9occupe que de celles qu&rsquo;elle fait \u00e0 la veill\u00e9e pour en tirer un peu d&rsquo;argent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">H\u00e9l\u00e8ne Vonbank est n\u00e9e \u00e0 Mulhouse, le 2 f\u00e9vrier. 1896. Si son acte de naissance porte&nbsp;: de p\u00e8re et m\u00e8re inconnus, sa m\u00e8re (dont la vie n&rsquo;\u00e9tait pas exemplaire) ne l&rsquo;abandonna pas compl\u00e8tement et la mit en nourrice chez une \u00ab\u00a0brave femme de Mulhouse.. La petite H\u00e9l\u00e8ne, ch\u00e9tive, atteignit ainsi sa septi\u00e8me ann\u00e9e, puis elle fut confi\u00e9e \u00e0 la garde de mauvaises gens qui rendirent l&rsquo;enfant si malheureuse que la m\u00e8re, insouciante, se d\u00e9cida enfin, au bout de deux ans, \u00e0 la sortir d\u00e9 cet enfer pour la garder, pensant bien sans doute qu&rsquo;\u00e0 neuf ans la fillette pourrait d\u00e9j\u00e0 lui servir de domestique. C&rsquo;est ce qui arriva.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quatre ann\u00e9es. H\u00e9l\u00e8ne v\u00e9cut ainsi, \u00e0 Mulhouse, s&rsquo;occupant de l\u2019int\u00e9rieur sans \u00eatre surveill\u00e9e, malmen\u00e9e parfois sa m\u00e8re, qui souvent rentrait ivre au logis. Seule, une tante maternelle \u2014 son unique parente \u2014 avait pour l&rsquo;enfant un peu d&rsquo;attention. Cette tante \u00e9tait l&rsquo;\u00e9pouse d&rsquo;un certain Eug\u00e8ne Goetz, originaire de Montreux-Vieux, o\u00f9 le p\u00e8re, S\u00e9bastien Goetz, employ\u00e9 aux transports internationaux, et la m\u00e8re, n\u00e9e Faber, exer\u00e7ant la profession de sage-femme, habitaient une petite maison au milieu d&rsquo;un beau verger, \u00e0 proximit\u00e9 de la gare. Eug\u00e8ne Goetz \u00e9tait a cette \u00e9poque sous-officier dans, l&rsquo;arm\u00e9e allemande et rengag\u00e9 dans l&rsquo;espoir d&rsquo;obtenir plus tard un poste de fonctionnaire dans l&rsquo;Empire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En1909, alors qu&rsquo;elle venait d&rsquo;avoir 55 ans, Mme S\u00e9bastien Goetz fut frapp\u00e9e d&rsquo;une attaque de paralysie qui lui laissa les jambes inertes. Tous les soins furent vains ; la pauvre femme fut condamn\u00e9e \u00e0 vivre dans son lit ;non seulement elle ne pouvait plus s&rsquo;occuper de son m\u00e9nage, mais encore son \u00e9tat exigeait des soins incessants de jour et de nuit. Il devenait donc indispensable d&rsquo;avoir quelqu&rsquo;un pour soigner Mme S\u00e9 bastien Goetz et la remplacer dans son int\u00e9rieur. Mais une domestique, il faut la payer, et pareille d\u00e9pense \u00e9tait impossible pour des ouvriers. Et puis, o\u00f9 trouver celle assez d\u00e9vou\u00e9e et courageuse pour assumer pareille t\u00e2che triste et fatigante ? C&rsquo;est alors que la belle-fille de la pauvre impotente pensa que sa jeune ni\u00e8ce H\u00e9l\u00e8ne pourrait, au moins en attendant une autre solution, rendre quelques services dans ce foyer, boulevers\u00e9. Et elle, au moins, on n&rsquo;aurait pas \u00e0 la payer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">H\u00e9l\u00e8ne Vonbank, on s&rsquo;en souvient, vivait alors \u00e0 Mulhouse avec sa mauvaise m\u00e8re, dont elle \u00e9tait litt\u00e9ralement la servante. R\u00e9sign\u00e9e et d\u00e9vou\u00e9e malgr\u00e9 son sort malheureux, la fillette savait d\u00e9j\u00e0 entretenir un modeste int\u00e9rieur, pr\u00e9parer la nourriture, laver le linge, alors que tant d&rsquo;enfants de son \u00e2ge et de sa condition n&rsquo;ont pas encore eu le temps d&rsquo;apprendre tous les jeux qui font la joie des premi\u00e8res ann\u00e9es de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">H\u00e9l\u00e8ne vient \u00e0 Montreux-Vieux et commence, sans gages, son service chez les \u00e9poux Goetz. Elle a treize ans. Le travail ne l&rsquo;effraye pas : elle conna\u00eet \u00e7\u00e0 depuis longtemps I Ce qui la surprend agr\u00e9able ment, c&rsquo;est d&rsquo;\u00eatre bien trait\u00e9e, avec dou ceur, et ne sachant pas encore ce que c&rsquo;est que l&rsquo;affection, elle go\u00fbte une joie incon nue et s&rsquo;attache bien vite \u00e0 se3 ma\u00eetres. L&rsquo;argent ? Peu lui importe ! Jusqu&rsquo;en 1914. &#8211; la vie s&rsquo;\u00e9coule ainsi pour elle : le matin, tandis que M. Goetz est parti \u00e0 son travail, elle lave et, peigne Mme Goetz, fait le m\u00e9nage et pr\u00e9pare le d\u00e9jeuner. Elle est gaie, chante et distrait l&rsquo;infirme, qui a toute sa -t\u00eate, mais doit rester couch\u00e9e toujours et passe son temps \u00e0 quelques travaux d&rsquo;aiguille ou de dentelle. L&rsquo;apr\u00e8s midi, H\u00e9l\u00e8ne entretient le jardin et s&rsquo;occupe du d\u00eener.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec la guerre, une autre catastrophe arrive pour H\u00e9l\u00e8ne : M. Goetz tombe malade, il doit cesser tout travail, puis ne peut plus m\u00eame quitter -son fauteuil. Les maigres ressources se trouvent r\u00e9duites \u00e0 presque rien. Ce qui sauve peut-\u00eatre ce foyer, c&rsquo;est, que le temps que dure: la guerre, des soldats fran\u00e7ais, occupent la r\u00e9gion et que les quinze qui se succ\u00e8dent-toujours chez les Goetz savent se montrer recon naissants des continuels services que leur rend H\u00e9l\u00e8ne avec bonne humeur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De 1914 \u00e0 la fin.de 1918, H\u00e9l\u00e8ne vit ainsi. Pour elle, les \u00e9v\u00e9nements marquants sont qu&rsquo;elle a perdu sa m\u00e8re, puis sa tante, et qu&rsquo;elle a appris le fran\u00e7ais avec nos sol dats, car .jusque&nbsp; l\u00e0 elle ne parlait que l&rsquo;alsacien. Pour le reste, il lui para\u00eet que rien ne soit chang\u00e9 dans, sa vie. Et pourtant I Ce n&rsquo;est plus un infirma qu&rsquo;elle soigne, mais deux, car, \u00e0 son .tour, M. Goetz est d\u00e9finitivement immobilis\u00e9 dans son lit, maussade et grognon. Au d\u00e9but de 1919, le m\u00e9nage Goetz dispose comme ressources dune rente d&rsquo;invalidit\u00e9 de 41 fr. 65 par moi plus un secours d&rsquo;ancien.combattant de la guerre de 1870 de 15 fr. 60. Ajoutons \u00e0 cela une centaine de francs envoy\u00e9s mensuellement par le flls, Eug\u00e8ne Goetz, remarie, et qui a repris dans l&rsquo;administration fran\u00e7aise, le poste de .douanier qu\u2019il avait obtenu, .avant les hostilit\u00e9s, de l&rsquo;Empire, apr\u00e8s douze ans pass\u00e9s dans l&rsquo;arm\u00e9e allemande (1). Cent cinquante francs par mois ! C\u2019est maigre pour nourrir trois per sonnes. H\u00e9l\u00e8ne, avec un instinct merveilleux, trouv\u00e9 le moyen d&rsquo;augmenter ces faibles ressources. Patiemment, elle r\u00e9ussit \u00e0 constituer une petite basse-cour; elle r\u00e9alise ce tour de force d&rsquo;avoir \u00e0 elle trois ch\u00e8vres ; elle engraisse-quelques lapins. Il ne lui en co\u00fbte, selon elle, pour tout cela, qu&rsquo;un peu plus de mal : il faut conduire les ch\u00e8vres aux champs, mais elle a .d\u00fb; lait ; avec les \u0153ufs qu&rsquo;elle vend, elle ach\u00e8te du grain pour la volaille ; quant \u00e0 la nourriture des lapins,, eh bien ! elle part avec sa faucille \u00ab faire de l&rsquo;herbe\u00bb. Actuellement, toute simple qu&rsquo;elle soit, sans instruction, n&rsquo;ayant jamais rien vu que vaguement un faubourg de Mulhouse ayant ses treize ans, et depuis, le petit village de Montreux-Vieux, elle est l&rsquo;\u00e2me de ce triste foyer, empress\u00e9e \u00e0 soigner deux malades ne quittant pas leur lit, et subvenant \u00e0 tous les besoins.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;Un de ces derniers matins, guid\u00e9 par l&rsquo;aimable instituteur de Montreux-Vieux, je suis all\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la demeure. des \u00e9poux Goetz, la. petite maison \u00e0 moiti\u00e9 cach\u00e9e dans la verdure, au milieu d&rsquo;un beau verger en bordure du chemin-de fer. D\u00e8s que nous appelons devant la barri\u00e8re du jardin, la porte de la maisonnette s&rsquo;ouvre et une petite femme, courte sur jambes, appara\u00eet, \u00e9tonn\u00e9e : c\u2019est H\u00e9l\u00e8ne Vonbank. Tr\u00e8s brune, la peau mate, elle a de grands yeux noirs infiniment doux et, dans sa pauvre personne, c&rsquo;est tout ce qui peut charmer un moment. Intrigu\u00e9e, elle nous conduit dans une petite chambre \u00e0 gauche, modeste mais propre, o\u00f9 Mme Goetz me tend la main de son lit. Ce qui se passe alors, on le devine : j\u2019&rsquo;interroge, et les r\u00e9ponses c&rsquo;est toute l&rsquo;histoire qui pr\u00e9c\u00e8de. Apprenant ce que je viens faire. H\u00e9lene va aussit\u00f4t mettre au courant M. Goetz, qui occupe une autre chambre \u00e0 droite dans la maison, puis elle retourne \u00e0 ses occupations, trouvant sans int\u00e9r\u00eat pour elle ces choses qui lui paraissent si naturelles. Quand, un peu puis tard, je la &nbsp;prie de revenir pr\u00e8s de moi un moment, elle se pla\u00eet surtout \u00e0 me montrer l\u00e8s souvenirs .que les soldats fran\u00e7ais lui, ont laiss\u00e9s en remerciement de ses services et qui sont accroch\u00e9s au mur en bonne place. Puis elle me parle de ses b\u00eates, et son visage s&rsquo;\u00e9claire. Je vais avec elle jusqu&rsquo;au verger &nbsp;o\u00f9 picorent une trentaine d\u00e9 poules et broutent les trois ch\u00e8vres qui b\u00ealent en la voyant. &nbsp;\u2014 Elles sont gentilles, me dit-elle. J&rsquo;aime bien leur parler&#8230; Ah &nbsp;tenez, monsieur, voici mes canards ; il n&rsquo;y \u00e0 pas longtemps que j&rsquo;ai pu les acheter, tout petits, parce qu&rsquo;alors ils co\u00fbtent peu. Je suis bien contente car, vous savez, \u00e7\u00e0 se vend ; bien quand ils sont gras.. En petite ma\u00eetresse, simplement et d\u00e9j\u00e0 familiaris\u00e9e, elle me dit alors ce qu&rsquo;il faut faire pour le jardin et les b\u00eates, et en quelques phrases elle me d\u00e9montre qu&rsquo;elle n&rsquo;a presque rien \u00e0 acheter pour la nourriture des trois personnes du foyer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">:\u2014 Mais ne sortez-vous jamais, H\u00e9l\u00e8ne ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 Oh ! si quelquefois. Un voisin m&rsquo;aide \u00e0 mettre maman (c&rsquo;est Mme Goetz) dans une petite voiture, les dimanches qu&rsquo;il fait beau, et je la prom\u00e8ne un peu, jusqu&rsquo;au village&#8230; \u00e7\u00e0 lui fait bien plaisir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Que les deux vieux \u00e9poux Goetz soient heureux, voil\u00e0.la seule pr\u00e9occupation d&rsquo;H\u00e9 l\u00e8ne Vonbank. N&rsquo;ayant jamais re\u00e7u de gages, elle n&rsquo;a jamais poss\u00e9d\u00e9 un sou, et sin c\u00e8rement elle n&rsquo;y pense-pas; Sans rien \u00e0 elle, san3 coquetterie, sans aucune des dis tractions simples qu&rsquo;on peut avoir dans un village, elle vit suivant la destin\u00e9e qu&rsquo;elle a choisie : rester aupr\u00e8s des vieux infirmes et leur assurer l&rsquo;existence qu&rsquo;elle leur procure depuis treize ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, et cela, jusqu&rsquo;\u00e0-leur dernier jour<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jean Clair Guyot<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">JEAN CLAIR-GUYOT. TRES IMPORTANT. \u2014 Nos lecteurs trouveront page 2 un \u00e9cusson au nom d&rsquo;H\u00e9l\u00e8ne Vonbank. Cet \u00e9cusson devra \u00eatre d\u00e9coup\u00e9 et conserv\u00e9 pour \u00eatre joint avec tous les autres \u2014sous peine d&rsquo;annulation \u2014 au bulletin de vote qui sera envoy\u00e9 plus tard.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"475\" height=\"341\" src=\"http:\/\/montreux-vieux.net\/montreux-vieux.net\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Screen-Shot-06-10-20-at-05.31-PM.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-19654\" srcset=\"https:\/\/montreux-vieux.net\/montreux-vieux.net\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Screen-Shot-06-10-20-at-05.31-PM.png 475w, https:\/\/montreux-vieux.net\/montreux-vieux.net\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Screen-Shot-06-10-20-at-05.31-PM-300x215.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 475px) 100vw, 475px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><em>Il est bon de dire qu&rsquo;Eug\u00e8ne Goetz, \u00e9lev\u00e9 par ses parents dans l&rsquo;amour de. la France, est maintenant un excellent fonctionnaire fran\u00e7ais et que derni\u00e8rement il obtint de l&rsquo;avancement pour avoir arr\u00eat\u00e9 dans la 5:one d&rsquo;occupation un redoutable contrebandier allemand<\/em><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Sources L\u2019Echo de Paris 21 septembre 1922<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On pouvait lire dans la Revue du Rhin et de la Moselle page 230 du 5 janvier 1923 : Parmi les laur\u00e9ates du concours des jeunes filles de France les plus m\u00e9ritantes, organis\u00e9 par notre confr\u00e8re L\u2019Echo de Paris, cous sommes heureux de relever le nom d\u2019une Alsacienne, Mlle H\u00e9l\u00e8ne Vonbank, habitant Montreux-Vieux (Ht Rhin), qui re\u00e7oit une donation de 3.000 francs. Toutes nos f\u00e9licitations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Autre article concernant H\u00e9l\u00e8neL &lsquo;Alsace Fran\u00e7aise du 30 septembre 1922<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au lendemain d&rsquo;une guerre, o\u00f9 toute une jeunesse fr\u00e9missante atteignit au sommet de la vaillance, poursuivit pendant quatre ans sans d\u00e9faillance une destin\u00e9e tragique, et, soutenue par l&rsquo;armature de l&rsquo;arm\u00e9e, d\u00e9veloppa, exalta ses ressources de courage et son acceptation de sacrifice, nul ne songe \u00e0 contester les m\u00e9rites d&rsquo;une race capable de tous les miracles. Mais il y a des h\u00e9ro\u00efsmes ailleurs que sur les champs de bataille. Et les vertus qui apparaissent<br>dans tout leur \u00e9clat, embellies par la mort, parmi le d\u00e9cor de la guerre, se retrouvent plus humbles, plus modestes, mais non moins \u00e9mouvantes, dans la vie de tous les jours. Elles continuent d&rsquo;inspirer le peuple des cit\u00e9s grises et des campagnes ensoleill\u00e9es.<br><br>La femme dispute alors \u00e0 l&rsquo;homme la souverainet\u00e9 du m\u00e9rite. Ce ne sont plus des circonstances exceptionnelles, des jours dont on ne sait pas le nombre, mais qu&rsquo;on sait compt\u00e9s, des heures o\u00f9 l&rsquo;on parvient \u00e0 se surpasser soi-m\u00eame, mais la vie habituelle, sans changement, l&rsquo;\u00e9ternel appel \u00e0 la patience, \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie pour vaincre les difficult\u00e9s, messag\u00e8res du d\u00e9couragement.<br><br>En ouvrant une enqu\u00eate destin\u00e9e \u00e0 d\u00e9couvrir la jeune fille la plus m\u00e9ritante de France, l<em>&lsquo;\u00c9cho de  Paris<\/em> d\u00e9montre combien le choix est embarrassant, si nombreuse est la phalange des appel\u00e9es. Toutes celles dont ce journal r\u00e9v\u00e8le la grandeur morale rivalisent de hautes qualit\u00e9s. Cette s\u00e9rie de portraits, \u00e0 vrai dire, n&rsquo;\u00e9tonne pas. On soup\u00e7onne depuis longtemps l&rsquo;abondance de vertus r\u00e9pandue dans le peuple de France. Mais chaque fois que l&rsquo;on est mis en<br>pr\u00e9sence de ces gloires secr\u00e8tes du pays, on est gagn\u00e9 par l&rsquo;\u00e9motion.<br><br>Si l&rsquo;une des premi\u00e8res jeunes filles, d\u00e9gag\u00e9e de l&rsquo;ombre, se trouve \u00eatre une Alsacienne n&rsquo;y voyez<br>pas un jeu du hasard. L&rsquo;Alsace est terre d&rsquo;\u00e2mes vaillantes. Les noms de ses fils rayonnent entre les pages de l&rsquo;histoire de France et pendant le demi si\u00e8cle o\u00f9 elle dut subir le titre de Reichsland, douloureux comme un joug, elle ne consentit pas \u00e0 vendre ses v\u00e9ritables sentiments en \u00e9change de sa tranquillit\u00e9. Elle portait en elle des provisions de r\u00e9sistance qu&rsquo;une longue lutte d&rsquo;usure ne parvint pas \u00e0 \u00e9puiser et l&rsquo;exemple d&rsquo;H\u00e9l\u00e8ne Yonbank, dont M.<br>Clair-Guyot entretient ses lecteurs de l&rsquo;\u00c9cho de Paris, le prouve d&rsquo;une fa\u00e7on bien touchante.<br><br>Ces deux colonnes de journal repr\u00e9sentent probablement l&rsquo;unique biographie de cette enfant brune, \u00e0 la peau mate, dont la douceur s&rsquo;est r\u00e9fugi\u00e9e dans ses yeux noirs. Elle aurait pu continuer, ignor\u00e9e de tous, son existence sans \u00e9clat, si la bont\u00e9, sur la piste du m\u00e9rite, n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 amen\u00e9e devant une petite maison de&nbsp;<strong>Montreux-Yieux,<\/strong>&nbsp;dissimul\u00e9e dans la verdure,<br>en bordure du chemin de fer. L\u00e0 habite H\u00e9l\u00e8ne Yonbanck. Oh! elle n&rsquo;est pas propri\u00e9taire!&#8230;. elle y tient le m\u00e9nage d&rsquo;un&nbsp;vieux&nbsp;couple, handicap\u00e9 par l&rsquo;\u00e2ge, la maladie et la mis\u00e8re. Comment cette jeune fille de vingt &#8211; six ans a &#8211; t &#8211; elle abord\u00e9 \u00e0 ce modeste h\u00e2vre, apr\u00e8s une enfance cruelle<br><br>Son acte de naissance, \u00e0 la Mairie de Mulhouse, porte la date du 2 f\u00e9vrier 1896, p\u00e8re et m\u00e8re inconnus. Enfant trouv\u00e9e? Non, enfant du hasard. Sa m\u00e8re g\u00ean\u00e9e dans sa carri\u00e8re par cette maternit\u00e9 ind\u00e9sir\u00e9e mit son b\u00e9b\u00e9 en nourrice chez une brave femme de la ville. H\u00e9l\u00e8ne grandissait ch\u00e9tive et sage. A sept ans. elle fut confi\u00e9e \u00e0 de mis\u00e9rables gens, sans piti\u00e9. La m\u00e8re insouciante,, mais non insensible, estima sa fillette en \u00e2ge de lui servir de domestique et la prit avec elle.<br><br>Pendant quatre ans, elle v\u00e9cut ainsi, servante de sa m\u00e8re, priv\u00e9e de tendresse, bouscul\u00e9e, malmen\u00e9e par cette maman \u00ab qui souvent rentrait ivre au logis \u00bb. Dans les milieux les plus \u00e9tranges on rencontre parfois des \u00e2mes bonnes. La petite H\u00e9l\u00e8ne apitoya une tante maternelle, son unique parente, femme d&rsquo;Eug\u00e8ne Goetz, sous-officier allemand et qui comptait sur ses annuit\u00e9s militaires pour obtenir plus tard un poste de fonctionnaire dans l&rsquo;administration imp\u00e9riale. Eug\u00e8ne Goetz n&rsquo;\u00e9prouvait pas pour le Reich une sympathie particuli\u00e8re, il s&rsquo;\u00e9tait<br>r\u00e9sign\u00e9 \u00e0 accepter la r\u00e8gle de l&rsquo;opportunisme. Aujourd&rsquo;hui, douanier fran\u00e7ais, excellent fonctionnaire, il a obtenu derni\u00e8rement de l&rsquo;avancement \u00ab pour avoir arr\u00eat\u00e9 dans la zone d&rsquo;occupation un redoutable contrebandier allemand \u00bb.<br><br>Les parents d&rsquo;Eug\u00e8ne Goetz vivaient modestement \u00e0&nbsp;<strong>Montreux-Vieux,<\/strong>&nbsp;lui, pr\u00e9nomm\u00e9 S\u00e9bastien, employ\u00e9 aux transports internationaux, elle, sage femme. Or, en 1909, Mme S\u00e9bastien Goetz fut at-teinte de paralysie aux jambes. Les m\u00e9decins d\u00e9clar\u00e8rent la maladie incurable. La pauvre cr\u00e9ature,\u00e0 55 ans, \u00e9tait condamn\u00e9e \u00e0 achever le reste de sa vie, au lit. Cette situation bouleversait le foyer. Il fallait une personne \u00e0 demeure pour soigner Mme<br>Goetz et tenir le m\u00e9nage. Une domestique? D\u00e9j\u00e0 \u00e0 cette \u00e9poque, une domestique \u00e9tait un luxe impossible \u00e0 supporter pour le budget de ces petites gens. C&rsquo;est alors que leur bru sugg\u00e9ra l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;envoyer H\u00e9l\u00e8ne Yonbank \u00e0&nbsp;<strong>Montreux-Yieux.<\/strong>&nbsp;Elle serait ainsi soustraite \u00e0 l&rsquo;existence sans charme qu&rsquo;elle menait aupr\u00e8s de sa m\u00e8re, et pourrait utilement, en attendant mieux, y faire valoir ses connaissances de m\u00e9nag\u00e8re, de cuisini\u00e8re, de ling\u00e8re.<br><br>L&rsquo;enfant, \u00e9lev\u00e9e sans plaisirs et sans jeux, part \u00e0 <strong>Montreux-Yieux.<\/strong>&nbsp;Point de gages et beaucoup de travail! La besogne ne l&rsquo;effraie pas et l&rsquo;argent n&rsquo;importe gu\u00e8re \u00e0 sa nature simple et d\u00e9vou\u00e9e, active et jeune (elle a treize ans). De n&rsquo;\u00eatre plus maltrait\u00e9e la surprend. L&rsquo;affection, dont elle ignorait jusqu&rsquo;alors la douceur, \u00e9veille en elle la joie de vivre, l&rsquo;attachement \u00e0 ses ma\u00eetres. Elle chante et remplit la maison de gaiet\u00e9, s&#8217;empresse aupr\u00e8s de la malade, et se distrait en faisant de la dentelle ou en jardinant.<br><br>Ainsi vivait H\u00e9l\u00e8ne Yonbank avant la guerre.<br><br>Mais la guerre survient et en 1914, M. Goetz, \u00e0 son tour, est frapp\u00e9 de paralysie et ne peut plus m\u00eame quitter son fauteuil. C&rsquo;est \u00e9t\u00e9 la d\u00e9tresse mat\u00e9rielle, si l&rsquo;arm\u00e9e n&rsquo;avait \u00e9tabli un cantonnement permanent dans la maison. Les r\u00e9giments se succ\u00e8dent, mais toujours une escouade de quinze soldats profite du couvert et des soins diligents de l&rsquo;aimable enfant. Les poilus fran\u00e7ais, de si humble extraction soient-ils. continuent la tradition des gentlhommes. Serviables, bon gar\u00e7ons, complimenteurs mais respectueux, ils t\u00e9moignent leur reconnaissance<br>\u00e0 la petite Alsacienne, en lui apprenant le fran\u00e7ais, elle qui ne parle que son dialecte.<br><br>Sa m\u00e8re et sa tante meurent. Orpheline, cela ne change rien \u00e0 sa vie: elle passe-sa jeunesse entre les deux vieillards infirmes, car S\u00e9bastien d&rsquo;un naturel grognon et maussade est lui aussi immobilis\u00e9 dans, son lit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voici le budget mensuel du m\u00e9nage au d\u00e9but de 1919:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">rente d&rsquo;invalidit\u00e9 41.65 frs. secours d&rsquo;ancien combattant de 1870 15,60 frs. rente faite \u00e0 ses parents par le douanier Eug\u00e8ne Goetz 100,\u2014 frs. 157,25 frs. par mois pour trois personnes, ce n&rsquo;est gu\u00e8re. H\u00e9l\u00e8ne, petite f\u00e9e, pleine d&rsquo;initiative, sans n\u00e9gliger en rien les soins \u00e0 donner \u00e0 Phil\u00e9mon et Baucis, parvient \u00e0 accro\u00eetre ces faibles ressources.<br>Elle r\u00e9ussit \u00e0 poss\u00e9der par un miracle d&rsquo;\u00e9conomie une basse-cour, trois ch\u00e8vres, quelques lapins.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle vend les \u0153ufs de ses poules et pr\u00e9l\u00e8ve sur ce l\u00e9ger commerce de quoi acheter le grain pour nourrir la volaille. Elle m\u00e8ne les ch\u00e8vres aux champs et tout en les gardant, \u00ab fait de l&rsquo;herbe \u00bb, afin d&rsquo;engraisser ses lapins. Elle n&rsquo;est pas instruite, la petite fermi\u00e8re, ses yeux n&rsquo;ont contempl\u00e9 d&rsquo;autre horizon qu&rsquo;un faubourg de Mulhouse et le village de&nbsp;<strong>Montreux-Vieux,<\/strong>&nbsp;et pourtant elle est femme avertie, infirmi\u00e8r\u00e8re et ma\u00eetresse de maison. L&rsquo;intelligence du c\u0153ur l&rsquo;inspire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd&rsquo;hui une trentaine de poules picorent au verger et trois ch\u00e8vres b\u00e8lent de plaisir en voyant H\u00e9l\u00e8ne s&rsquo;approcher d&rsquo;elles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 Elles sont gentilles, dit-elle au visiteur. J&rsquo;aime bien leur parler&#8230; Ah! tenez, Monsieur, voici mes canards, il n&rsquo;y a pas longtemps que j&rsquo;ai pu les acheter, tout petits, parce qu&rsquo;alors ils co\u00fbtent peu.  Je suis bien contente, car, vous savez, \u00e7a se vend bien, quand ils sont gras. Et la jeune fille, sans songer \u00e0 ses m\u00e9rites, retourne au chevet de ceux dont elle veut \u00e9gayer les derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">H\u00e9l\u00e8ne Vonbank sera-t-elle \u00e9lue, par les suffrages sollicit\u00e9s, comme la jeune fille la plus m\u00e9ritante de France? Aux c\u0153urs des Alsaciens elle appara\u00eet comme l&rsquo;image des vertus de notre province, et digne d&rsquo;une r\u00e9compense qu&rsquo;elle n&rsquo;attend pas. Si une autre lui \u00e9tait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, il resterait encore le Prix Montvon. L&rsquo;adolescente de&nbsp;<strong>Montreux-Vieux<\/strong>&nbsp;ne sera pas oubli\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">G. B.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Sources: L&rsquo;Alsace Fran\u00e7aise du 30 septembre 1922 <\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On pouvait lire dans la Revue du Rhin et de la  Moselle page 230 du 5 janvier 1923 :  Parmi les laur\u00e9ates du concours des jeunes filles de France les plus m\u00e9ritantes, organis\u00e9 par notre confr\u00e8re L\u2019Echo de Paris, cous sommes heureux de relever le nom d&rsquo;une Alsacienne, Mlle H\u00e9l\u00e8ne Vonbank, habitant Montreux-Vieux (Ht Rhin), qui re\u00e7oit une donation de 3.000 francs. 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