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2 réponses à Contact par mail

  1. Marie Amorim dit :

    Concernant l’anniversaire du corps des pompiers, il faut également saluer leur intervention lors de l’incendie de la filature en 1993. Ils ont réussi à éteindre l’incendie après plusieurs heures d’effort avec l’aide d’autres centres de secours. L’atelier filature n’a pas pu être sauvé mais grâce à leur travail l’atelier tissage et finition a été sauvegardé et le travail a continué sans grande conséquence pour les clients de l’époque. Je m’en souviens encore, cette odeur de coton brûlé, les murs des bureaux noirs de suie et les pompiers présents pour nous aider à évacuer les documents dont nous avions besoin.. Une véritable catastrophe évitée de peu..

  2. Raymond FRELIN dit :

    MONTREUX-CHÂTEAU et les TROIS MONTREUX
    Il existe aux confins du Territoire de Belfort et du Haut-Rhin, trois localités de même nom:
    Montreux-Vieux, Montreux-Jeune, Montreux-Château, ce qui est très rare, alors que l’on
    trouve souvent deux ensembles tels que « Auxelles-Bas, Auxelles-Haut »; « Soppe-le-Bas,
    Soppe-le-Haut », etc. Autre particularité: alors que ces trois localités faisaient partie d’une
    entité, la seigneurie de Montreux, elles ont été séparées par le traité de Francfort en 1871.
    Montreux-Jeune et Montreux-Vieux sont rattachés à l’Allemagne, avec la plus grande
    partie de l’Alsace, alors que Montreux-Château restait français et était incorporé au
    Territoire de Belfort. Pourtant, selon les accords initiaux, l’annexion au Reich devait
    épargner les villages francophones du Sundgau, la frontière linguistique coïncidant avec la
    ligne de partage des eaux. En effet, ce secteur faisait partie du Bassin Méditerranéen, alors
    que pour le reste de la province alsacienne, les eaux se déversent dans la Mer du Nord, via
    le Rhin. Mais Bismarck avait deux motifs pour annexer ce coin de terre: il voulait avoir le
    contrôle entier sur cette ligne de partage des eaux, et de plus, il tenait à disposer d’une vue
    sur les fortifications de Belfort notamment depuis Montreux-Jeune et Chavannes-surl’Etang.
    D’après l’historien régional, Joseph Quiquerez (Nastase) de Chavannes-surl’Etang,
    ancien notaire, Bismarck aurait même réussi, pour arriver à ses fins, à berner, après
    un repas copieux et bien arrosé, les plénipotentiaires français lors de l’élaboration des
    modalités du traité, en falsifiant la carte. Ainsi, contre toute logique, ces populations qui
    parlaient depuis un millénaire un patois roman et le français, sont devenues allemandes.
    Le nom et l’origine des Trois Montreux
    La désignation « Montreux », vient du mot latin « monasteriolum » en français « moutier »
    ou « motier », avec deux sens de signification: monastère ou petite église. Cette origine se
    retrouve sous diverses et nombreuses formes comme Montreuil et autres. Même la langue
    germanique en est imprégnée avec « Munster » (cathédrale) dont des localités sont ainsi
    nommées. Les historiens, notamment l’abbé A. Behra auteur du remarquable ouvrage
    « Les 3 Montreux », se sont posés la question: pourquoi « monasteriolum » ? Dans les
    années 550 à 600, plus d’une centaine d’années après le départ des Romains, les
    populations locales se sont trouvées livrées à elles-mêmes. Souvent les hordes
    d’envahisseurs les font fuir vers la montagne et les biens étant irrégulièrement exploités,
    bientôt la végétation folle prend le dessus et le pays devient une friche. A ce moment là, se
    situe le début de la christianisation systématique de notre petite contrée. Des moines venus
    d’Ecosse et d’Irlande, viennent se fixer à l’arrière de la région ( Saint Colomban à Luxeuil,
    Saint-Ursanne, et Saint Imier en Ajoie).
    Montreux-Vieux, le plus ancien des trois.
    C’est dans cette lancée que le premier missionnaire irlandais aurait fondé, sous l’invocation
    d’un saint à sa dévotion qu’était Saint-Alban, un petit lieu de culte, en quelque sorte un
    « petit couvent ». Mais J. Quiquerez a poussé ses recherches plus loin. Selon lui, ce moine
    se serait établi en ces lieux et avec des hommes du cru, aurait effectivement installé un petit
    domaine de défrichage avec pratiques religieuses. L’historien en aurait même déterminé
    l’endroit approximatif, au bord de la rivière Saint-Nicolas, à l’ouest-sud-ouest du
    Montreux-Vieux actuel, (près de la route de Cunelières) où se seraient rassemblés des
    autochtones pour fonder un embryon de village autour. Ce serait donc en quelque sorte
    l’acte de naissance des trois Montreux. Toujours d’après lui, les lieu-dits du cadastre sont
    significatifs: « Les Monillats » (petits moines), « sous la Haute Croix », « Sur la Goutte aux
    Saints », la « Vie du môtier » (la route de l’église), etc. Il y a même le « Pré païen » où
    les habitants de l’époque auraient pu se réunir pour des célébrations païennes. Il affirme (il
    est bien placé pour en parler, en tant qu’ancien notaire), qu’il est rare de trouver en un
    espace aussi restreint, un nombre respectable de noms se rapportant de toute évidence à une
    époque déterminée. C’était le cas pour ces lieu-dits groupés en bonne partie sur une
    magnifique hauteur que l’on pourrait qualifier (écrit-il) de « colline inspirée ».
    Ce premier hameau aurait été rasé par les Armagnacs et vers 1480, une nouvelle
    petite agglomération avec une église aurait vu le jour un peu plus au nord-est, là où il a
    trouvé son implantation définitive. En tout cas, la première date historique, où le nom de
    Montreux apparaît est l’année 1090 sous la forme latine « Monstrol » (cité à trois reprises),
    dans une charte de la comtesse Mathilde, fille du comte Louis de Mousson, et épouse
    d’Hugues VII d’Eguisheim. Mais la première allusion à Montreux-Vieux est faite en
    1260 lorsque la Comtesse de Toul qui possédait le patronage de cette église en fit don à
    l’abbaye de Valdieu. L’ancienne église dédiée à Saint-Blaise, celle qui précédait l’actuelle,
    datait de 1782. Elle aura succédé à un autre bâtiment cultuel qui ne mesurait que 6 m de
    longueur et censé avoir été construit en 1680 environ. A partir de 1871 déjà, l’état
    déplorable du bâtiment avait nécessité la fermeture du chœur. Deux facteurs ont joué alors.
    D’une part, il s’est avéré que les réparations seraient très onéreuses et d’autre part, les
    autorités allemandes qui voulaient faire de Montreux-Vieux (Altmünsterol en langue
    germanique) premier village du Reich, une vitrine, tenaient à ce qu’une imposante église y
    soit construite. L’affaire est remontée jusqu’à l’Empereur d’Allemagne, le « Kaiser ». Il
    convient de préciser que Montreux-Vieux ne comptait que 222 habitants en 1870, mais
    après l’annexion, ce fut l’explosion démographique. En 1891, la population s’élevait déjà à
    623 âmes pour dépasser les 1.000 en 1913-1914. Avec les subsides de l’Etat allemand et
    même, personnellement du Kaiser (la grosse cloche serait, d’après le curé Schuler, un don
    du Kaiser lui-même, alors que le maître-autel serait un cadeau de l’Impératrice), la
    nouvelle église a été consacrée le 3 octobre 1899. Le clocher comporte quatre cloches dont
    les tonalités ont été réussies avec une précision mathématique, ainsi qu’une horloge. La
    mélodieuse sonnerie sera par sa belle et pure musique, une source de joie sereine et
    harmonieuse pour tous les habitants de la paroisse mais aussi pour tous ceux des alentours.
    Le coût total de l’édifice s’est élevé à 57.215 marks. Montreux-Vieux, le plus ancien
    (comme son nom l’indique), en serait donc à sa cinquième église si l’on considère comme
    telles, les premières aux dimensions très réduites.
    Montreux-Jeune, le centre religieux.
    D’après Quiquerez, « la foi chrétienne fut implantée, peut-être dès le VIème siècle, dans la
    seigneurie de Montreux. Montreux-Vieux fut peut-être le centre religieux unique dans la
    contrée, Montreux-Jeune et Dannemarie suivaient environ un siècle plus tard. » Autour de
    l’an 600, l’ancêtre de Jeanne de Ferrette possédait en principe les biens de Montreux et des
    endroits environnants, tandis que son parent de l’autre branche n’était propriétaire que
    d’une « colonge », groupe de fermes louées à vie ou même à perpétuité aux paysans
    exploitants. Behra émet la possibilité que les biens donnés à l’abbaye de Ste-Croix et
    confirmé en 1090 par la Comtesse Mathilde étaient situés à Montreux-Jeune. Assertions
    que conteste Quiquerez. D’après lui, un premier document: la donation en 1048 par Hugues
    IV à l’abbaye de Ste-Croix, est à peine lisible, et le second (acte complémentaire) signé en
    1090 par Mathilde est tout bonnement tronqué et cache la nomenclature des biens donnés.
    Montreux-Vieux a donc été le premier village à avoir une paroisse bien établie et à vie
    intense, mais trop petite pour desservir les nouveaux convertis des environs. La paroisse de
    Montreux-Jeune, est signalée en 1302 comme n’ayant pas acquitté la dîme triennale
    imposée par le pape aux églises de la chrétienté. Un demi siècle plus tard, les documents la
    présente comme le rectorat, c.-à-d. l’église- mère des églises de Montreux-Château, de
    Fontaine et de Brebotte, en plus de la paroisse de Montreux-Jeune (le curé portait le titre de
    « recteur »). En effet, en 1352, le curé Reinhart saisit courageusement l’occasion d’un acte
    judiciaire (considéré comme très important historiquement) pour établir une véritable
    charte du rectorat de Montreux-Jeune. Par cette curieuse institution qui devait permettre à
    un clerc de porter un intéressant titre ecclésiastique, sans être astreint ni à la résidence, ni à
    l’exercice effectif des fonctions sacerdotales. De ce fait d’après Behra, seul un certain
    Guido de Montreux parmi les recteurs aurait résidé à Montreux-Jeune. Pour les fonctions
    religieuses, le recteur se faisait remplacer par un prêtre dûment ordonné qu’il indemnisait
    comme bon lui semblait et pas toujours à la satisfaction du remplaçant. En cela, il avait la
    chance de vivre à une époque où la cléricature était énormément demandée, ce qui lui
    permettait de dicter pratiquement ses conditions au candidat. La paroisse de MontreuxJeune,
    était composée des villages suivants: Montreux-Jeune, Magny, Romagny, Lutran,
    Valdieu, Chavannes-sur-l’Etang, Chavannes-les-Grands, Cunelières. Peu à peu, la plus
    grande partie de ces agglomérations ont quitté la paroisse, le déclin ayant commencé en
    1780 avec le démembrement de Cunelières rattaché à la paroisse de Montreux-Château, (à
    l’heure actuelle, seules les localités de Montreux-Jeune et de Magny en font encore partie).
    On sait qu’il existait une première église dont la tour porte la mention de construction de
    1506, or il est probable que la nef soit bien antérieure. L’édifice était bien plus important
    que l’actuel, mais pas assez vaste ni assez haut d’après les documents de l’époque pour
    faire face aux besoins de la communauté. La tour paraissait être d’une hauteur imposante
    puisqu’en 1832, un état estimatif prévoyait la suppression des deux derniers étages de la
    tour (donc du clocher). En 1836 des travaux de réparations débutèrent mais devant l’état de
    délabrement de l’édifice, les autorités décidèrent de les suspendre et de construire une
    nouvelle église. Malgré les protestations de quelques habitants, la démolition fut ordonnée
    et la pose de la première pierre est intervenue le 17 avril 1838. La bénédiction solennelle eu
    lieu le 21 octobre 1838. Elle est dédiée à Saint-Denis. Ce patron de la paroisse est d’ailleurs
    représenté par un tableau situé derrière le maître-autel et qui est l’œuvre de l’artiste
    alsacien Gutzwiller, né à Uffheim en 1842. Les anciens curés Habig en 1959 et Pfennigner
    en 1977, ont laissé à leur départ des sommes importantes qui ont permis d’installer la
    sonnerie électrique des cloches et une horloge publique. A noter que le « squelette » d’une
    ancienne horloge est encore entreposé dans le grenier de l’actuel bâtiment cultuel. Ce
    mécanisme avait tout d’abord équipé le clocher actuel qui portait les marques de ses
    emplacements mais qui, d’après les anciens, n’avait pas donné satisfaction dans son
    fonctionnement, ni dans ses réparations, ce qui avait provoqué la décision de ne plus le
    remettre en place. Il faut préciser également que le rectorat disposait d’un imposant
    presbytère, devenu plus tard « la Maison Perronne ».

    La Maison Perronne
    Déjà au XIVème siècle, on sait que l’abbesse de Sainte-Croix possédait à Montreux-Jeune,
    une maison et une grange pour y déposer la dîme. Depuis l’an 1646, le sieur Wolfgang de
    Staal de Soleure, docteur en théologie, chanoine de l’église abbatiale de Grandval, devint
    recteur de Montreux- Jeune et cela dura 35 ans. Il était suisse, jouissait de bénéfices mais ne
    résidait pas dans le rectorat. Il y fit pourtant de grandes dépenses notamment la construction
    des granges, écuries et d’une cure paroissiale. Cette cure dont il reste la cave et les murs
    intérieurs, a été agrandie et restructurée en 1781 par l’architecte François Martin Burger,
    inspecteur des bâtiments publics de la Haute Alsace, résidant à Belfort. Mais à la Révolution,
    plus précisément en 1792, ce bâtiment fut vendu comme bien national à un notable, Joseph
    Perronne, maire et premier suppléant du Juge de Paix, lequel décèdera le 4 février 1829.
    Entretemps, en 1824, un autre presbytère avait été construit par la commune. Le 9 juin 1923,
    la dernière héritière de la branche, Melle Marie Perronne légua cette propriété à la
    communauté de Montreux-Jeune, à l’usage d’une cure ou d’une œuvre charitable. Cette
    situation mit commune et paroisse (le clergé) sur un pied d’égalité mais compliqua plutôt les
    choses. Cette ancienne maison vit dès lors les locataires se succéder et la guerre 1939-1945 y
    laissa des traces qui aggravèrent son état. De plus, les dommages de guerre furent employés à
    d’autres fins. En 1965, le presbytère en service ayant besoin de réparations, l’évêché céda
    l’usufruit à la commune en échange. En 1971, suite à la dégradation progressive de la bâtisse,
    le conseil municipal opta pour la démolition pure et simple. Après tous les autres, l’un des
    derniers vestiges de la seigneurie de Montreux, devait donc disparaître. C’est alors qu’un petit
    groupe d’habitants, notamment Etienne Geiss qui, plus tard devait devenir maire, et Jean
    Dinet, appuyés par la presse, entreprirent une véritable croisade pour la sauvegarde de ce bien
    immobilier. Contact fut alors pris avec Marc Grodwohl des Maisons Paysannes de France
    (devenant Maisons Paysannes d’Alsace). A partir de 1971 et pendant plusieurs années, des
    chantiers composés de jeunes bénévoles se succédèrent pour la remise en état. Une section
    locale des Maisons Paysannes d’Alsace fut crééé sur place: « Les Amis des la Maison
    Perronne » devenue indépendante en 1986. La municipalité, sous l’impulsion de son maire
    Etienne Geiss, y installa la mairie au rez-de-chaussée. Depuis, ce magnifique bâtiment
    témoignage de la grandeur du rectorat de la seigneurie, est considéré comme un joyau et on
    vient de loin pour l’admirer. Il est bien sûr, la fierté de Montreux-Jeune. En plus de
    l’administration municipale, se tiennent régulièrement des activités culturelles: bibliothèque,
    concerts, rencontres et réunions comme par exemple les « lôvraies » (veillées de patois roman
    qui était la langue des ancêtres de ce secteur), expositions de peinture, notamment tous les
    deux ans, le « Salon de l’Aquarelle », réunissant les plus grands artistes peintres de la région,
    expositions diverses et autres.
    Montreux-Château
    Entre 1200 et 1300, à un moment où les seigneurs de la région étaient soucieux d’organiser
    leur défense, c’était un endroit qui n’était alors qu’un hameau dépendant de Montreux-Vieux
    qui fut choisi en vue d’ériger un château fort. D’après Quiquerez, il n’est pas impossible qu’il
    ait existé depuis longtemps un fortin ou une redoute. Bardy, dans la Revue d’Alsace, dit
    même que « Montreux à été jadis un bourg fortifié (oppidulum) avec murailles et fossés ».
    Mais d’un tout autre genre que Ferrette et les nombreux châteaux-forts des Vosges, perchés
    sur des pitons boisés jusqu’à la base, celui-ci était implanté au beau milieu de l’eau (rivières
    avec leurs méandres, leurs marécages et …leurs inondations) comme d’ailleurs d’autres de la
    région, notamment Zillisheim, Illfurth, Brunstatt utilisant les eaux de la Largue ou de l’Ill
    mais dans une moindre mesure que celui de Montreux. L’histoire a d’ailleurs prouvé que ce
    terrain particulièrement humide était bien choisi, car en 1439 lorsque parurent les Armagnacs
    (mieux désignés sous « Ecorcheurs »), la rivière Saint-Nicolas en pleine crue (le mardi-gras)
    éloignait les envahisseurs et laissait au seigneur le temps d’appeler au secours le margrave de
    Hochberg, son bailli, pour ensuite tomber sur l’ennemi. Le château était entouré d’un fossé
    large et profond susceptible d’être inondé très facilement. Behra en donne une description
    assez bien détaillée. Les murailles étaient très hautes et solidement construites. Deux portes
    donnaient accès au château. L’une, celle des chevaux et des voitures, était défendue par deux
    tours et précédée d’un pont-levis, l’autre était une simple poterne de service. Dès 1458, deux
    locataires se partageaient la bâtisse ce qui accrut sa déchéance. Après les « Montreux », s’y
    sont succédés notamment les « Granvelle » et puis les « De Reinach ». Vers 1750, tombant en
    ruine, son propriétaire un De Reinach, comte de Foussemagne-Granvelle, l’abandonna et se
    réfugia dans celui de Foussemagne, moins vaste et dans une situation plus agréable. En 1789,
    ce château était inhabitable; il fut ensuite vendu comme bien national. Après la Révolution, le
    propriétaire des lieux aliéna les matériaux provenant des murs; on en tira des pierres comme
    d’une carrière. On pouvait encore distinguer ces dernières décennies, dans une maison du
    quartier, de ces « restes » notamment des montants de fenêtres provenant de ces ruines. Il y a
    encore quelques années, des anciens racontaient que dans leur jeunesse, ils avaient découvert
    une anfractuosité qu’ils supposaient être l’entrée d’un souterrain (la tradition orale a souvent
    parlé d’un souterrain qui aurait relié le château de Montreux à celui de Foussemagne
    (assertion qu’il faut prendre avec beaucoup de circonspection et qui tiendrait plutôt de
    légende). En effet, plusieurs légendes sont rattachées à son histoire, en particulier celle de la
    «La Dame Blanche des Bretchattes » un lieu-dit de Montreux-Jeune, en face du château (de
    l’autre côté du canal du Rhône au Rhin) dont tous les faucheurs d’autrefois disaient avoir
    aperçu le fantôme lorsqu’ils allaient couper l’herbe de très bon matin.
    Lors de recherches sur l’histoire de Leimbach (près de Thann), on a découvert dans les
    archives qu’un seigneur Frédéric de Montreux avait, probablement au XVème siècle, été guéri
    d’un grave mal de gorge avec complications par Saint-Blaise, patron de Leimbach (ce récit a
    même été traduit en patois roman il y a quelques années, car on sait que les « de Montreux »,
    pour être près du peuple, s’était mis à parler aussi le patois). La tradition orale racontait
    également que les seigneurs, pour avoir des nuits plus sereines, obligeaient les paysans, à tour
    de rôle, d’aller frapper l’eau avec des branches pour empêcher grenouilles et crapauds de
    coasser dans tous ces milieux aquatiques. Montreux-Château était rattaché à la paroisse de
    Montreux-Jeune (rectorat de la seigneurie) jusqu’au 20 janvier 1780, date à laquelle, il fut
    érigé en paroisse. Quant à la première église, son origine est inconnue. Elle doit bien sûr son
    existence au seigneur qui tenait à avoir, à proximité du château, un sanctuaire à son usage et à
    celui de sa famille et qui fut en même temps à la disposition de la communauté. On sait qu’en
    1352, Montreux-Château avait un chapelain donc une église. Les seigneurs y fondèrent des
    chapellenies notamment celle de St.-Georges et Ste-Catherine. On sait qu’en 1708, un
    bâtiment cultuel fut construit, dédié à Saint-Jacques. Il n’était pas très vaste si bien qu’en
    1775, la municipalité dû prendre une décision en vue de la réglementation des places. Au
    cours du XVIIIème siècle, le centre du village s’éloigna, l’église devint trop petite et son peu
    de solidité nécessitait des réparations constantes. Quelques années avant la Grande Guerre
    (1914-1918), on dû y supprimer le culte et finalement elle s’écroula. Seule la petite chapelle
    Sainte-Catherine résista et continue à être le témoin d’un glorieux passé, contenant des
    tombes des seigneurs dont certains étaient des personnages importants comme Jean-Jacques
    de Reinach, chevalier de Saint-Jacques, conseiller d’Etat de son Altesse Charles, duc de
    Lorraine, décédé en 1610. Ces pierres tombales sont, d’après les historiens, d’une richesse
    patrimoniale considérable, notamment d’après les figures héraldiques qui y sont gravées.
    Hélas, elles sont maintenant atteintes par le « mal de la pierre » et les précieuses sculptures
    risquent de disparaître à jamais. La municipalité actuelle intervient pour que ce vestige
    historique soit inscrit au patrimoine national.

    L’église actuelle
    Depuis 1913, après que l’ancienne église fut tombée en ruine, on célébrait le culte, et ceci
    jusqu’en 1953, dans une salle d’œuvre de l’ancienne école libre.
    L’église actuelle, moderne, « aux lignes directes, aux angles robustes et vifs » (d’après les
    caractéristiques décrites dans les dépliants de l’époque), construite en très belles pierres de
    taille, mesure 40 m de long sur 25m de large, avec un front de nef aux colonnades du plus bel
    effet. Le clocher qui renferme quatre cloches, mais pas d’horloge, est une tour carrée de 20m
    de haut, surmontée d’une flèche de 10m et dominée par une croix argentée où s’ébroue au gré
    des vents le traditionnel coq ancestral. Le projet qui a vu le jour sous l’impulsion du curé
    Reuillard, a été confié à l’architecte suisse Dumas. La première pierre de l’édifice a été posée
    le 15 avril 1951 et il a été consacré le 30 août 1953, et est dédiée à Notre-Dame de la Paix. Le
    maître-autel a été béni le 15 novembre 1953. L’arrondissement de Lure en Haute-Saône, en
    était le parrain. Le Père Reuillard est décédé le 28 janvier 1967. Il était curé de la paroisse
    depuis 1938.

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