La Jeanne d’Arc

La Jeanne d’Arc

La Jeanne d'Arc a Montreux-Vieux

La Jeanne d’Arc

Vers les années 1928, naissait « La Jeanne d’Arc », établissement qui approvisionnait les épiceries et commerces d’alimentation de la Région de l’Est. Pendant la guerre, les allemands l’on transformé en un dépôt de vivres et de subsistances pour les Waffen SS.

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C’est avec « La Jeanne d’Arc » que des réservoirs d’hydrocarbures se sont implantés pour en devenir des entreprises indépendantes comme « OZO », « Est-OZO » et finalement « Total » puis « Total Est ».

Le dépôt de carburants de la Jeanne d’Arc en 1948

La locomotive ayant servie à manoeuvrer les wagons

Pour mémoire:

Bonsoir Monsieur Pfirsch,   Très intéressante cette photo de locotracteur. Je suis curieux de savoir si quelqu’un valide le fait qu’il ait un jour circulé sur le domaine de la Jeanne d’Arc à Montreux.   A priori, il s’agit d’un locotracteur électrique Crochat dont les moteurs placés sur chaque bogie étaient alimentés par une dynamo, elle même actionnée par un moteur à essence. Ces locotracteurs avaient été développés à partir de 1916 dans une version pourvue d’un blindage léger en acier pour un usage militaire.   Il n’est pas exclu que certains exemplaires hors d’usage et abandonnés par le génie militaire, aient été restaurés ou reconfigurés pour un usage civil. Le seul point qui me fait douter est qu’il s’agit manifestement d’un engin à voie étroite et je ne suis pas sur qu’il existait un réseau à voie de 0,60 sur le site de la Jeanne d’Arc. En revanche, il est possible que des voies de 0,60 de la gare militaire de Montreux-Vieux qui se trouvait sur le site de ce qui fut plus tard la Jeanne d’Arc ou alentours aient existé longtemps après la fin de la guerre de 14.   C’est un sujet qui mérite d’être approfondi. Bien cordialement. Daniel LOUGNOT  

La Jeanne d’Arc à Montreux-Vieux avise son ancienne et fidèle clientèle qu’elle a rouvert ses entrepôts de Montreux-Vieux ou le meilleur accueil lui sera réservé. Denrées contingentées et libre»L’Alsace, 28 juin 1945, p. 2/2

M. Lougnot 15 mars 2026 LA JEANNE D’ARC, SPLENDEUR ET DÉCADENCE.

Voici deux intéressantes photos de 1935 qui montrent le dépôt pétrolier et l’entrepôt situés le long du canal et reliés au réseau ferré par un embranchement particulier. Sur l’une d’elle, on peut apercevoir les bâtiments de la rotonde qui servait à l’entretien des locomotives à vapeur.

Tout un pan de l’histoire de Montreux-Vieux … que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître !

LA JEANNE D’ARC, SPLENDEUR ET DÉCADENCE (suite).

Créée en 1921, la Jeanne d’Arc assurait la distribution de tous les carburants, combustibles liquides fluides et lourds et huiles de graissage dans le Haut-Rhin, le Territoire de Belfort, la Haute-Saône, le Doubs, les Vosges, la Meurthe et Moselle et la Haute-Marne ainsi que dans une partie du Bas-Rhin, de la Côte d’Or, de la Meuse et de l’Aube. Elle disposait pour cela de deux implantations : à Golbey-Epinal et à Montreux-Vieux, alimentées l’une et l’autre par des rames SNCF et par péniches.

La capacité de stockage en vrac dépassait 5000 m3 et une innombrable gamme de conditionnements, de toutes capacités, était également disponible.

Dans l’immédiat après-guerre, la distribution s’appuyait sur un parc de 2 gros porteurs de 20000 litres, de 2 moyens porteurs de 9000 litres et de 7 petits camions de 3000 et 5000 litres. La société possédait également en propre un parc de 14 wagons-citernes et des locotracteurs de manœuvre.

Voici deux autres vues du site de Montreux en 1947 qui montrent l’une, les cuves de vrac et l’autre, l’entrepôt de stockage des petits conditionnements et l’alignement des cuves permettant le chargement des différentes spécialités pétrolières dans les camions de livraison.

LA JEANNE D’ARC, SPLENDEUR ET DECADENCE (suite et fin).

Parallèlement à son activité pétrolière, la « Jeanne d’Arc » avait créé, également en 1921, une filiale de distribution de produits alimentaires et ménagers connue comme « Union Commerciale de l’Est ». Elle s’était appuyée pour cela sur une épicerie en gros établie à Épinal depuis la fin du 10e siècle qui commercialisait ses propres produits sous la marque « Jeanne-Lorraine ». A la faveur du rachat de plusieurs épiceries en gros dont la plus importante et la plus ancienne était la société Lamboley-Voirin de Remiremont fut ainsi créée une activité totalement innovante pour l’époque qu’on appellerait aujourd’hui une centrale d’achat !

Le siège de cette filiale était à Epinal dans l’entreprise ayant servi de point de départ à cette activité de distribution. Et grâce à un développement très rapide qui répondait aux importants besoins de l’après-guerre, elle comptait déjà une dizaine de dépôts en 1924 (à Remiremont, Saint-Dié, Neufchâteau, Lure, Belfort, Langres et elle tentait de s’implanter en Allemagne à Kaiserslautern, Mayence et Sarrebruck). En 1929, le réseau des dépôts fut réorganisé et rationalisé et une implantation nouvelle fut créée à Montreux-Vieux à côté du site existant de distribution des produits pétroliers.

Le développement du modèle commercial des supermarchés et de la grande distribution conduisit progressivement au déclin des petites épiceries et des stations-service indépendantes et avec elles à la faillite de la Jeanne d’Arc. En1968, l’entrepôt de Montreux-Vieux fut racheté par la société de transport Georges Helminger qui devint Mory TNTE en 1985, tandis que le site pétrolier fut repris et réaménagé par OZO, une filiale de Total Énergie en 1971. Les anciens équipements de stockage furent remplacés par des cuves beaucoup plus modernes dont la plus grande contenait plus de 10 millions de litres de carburant.

En 1985, Total cessa toute activité à Montreux et une dizaine d’années plus tard, en 1994, Helminger/Mory abandonna à son tour, cette implantation montreusienne exploitée pendant 65 ans et qui employait encore 70 personnes. En 1999, après l’épisode rocambolesque de Montreux-Pneus, le site fut définitivement fermé et devint la friche que l’on connaît aujourd’hui.

Une réponse à La Jeanne d’Arc

  1. Noémie dit :

    Ah la Jeanne d’Arc
    Ma grand-mère nous raconte encore ses souvenirs. Elle y travaillait après la guerre et jusqu’à son deuxième enfant.
    Une figure bien connue de Montreux-Jeune y travaillait aussi: Jean Dinet.
    Dans l’entrepôt ils préparaient les commandes pour les épiceries qui achetaient leurs marchandises chez le grossiste de Montreux-Vieux.
    Mon arrière grand père Edouard Calmelet (décédé en 1937) était même chauffeur d’une voiture de livraison à cheval… Il était d’ailleurs en train de travailler quand il a succombé à une attaque cérébrale lors d’un orage (il avait été blessé gravement au cerveau pendant la première guerre mondiale).

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