Le 14 Juillet à Montreux-Vieux : Une fête au cœur de l’histoire de la frontière
Les grandes dates
14 juillet 1832
Un nouveau garde champêtre
Louis Grosjean est nommé garde champêtre de Montreux-Vieux en remplacement de Claude Joseph Cuenin, démissionnaire.
14 juillet 1889
Les Alsaciens prennent le train pour Belfort
Des milliers d’Alsaciens franchissent la frontière pour participer à la fête nationale française. À leur retour, la gare frontière de Montreux-Vieux doit accueillir un train exceptionnel de 34 voitures. Les contrôles des Passkarte durent près de deux heures.
14 juillet 1894
Une gare en pleine effervescence
Le trafic voyageurs est très important et les marchandises affluent. Fruits, légumes et volailles arrivent de France, tandis que des milliers de kilos de cerises alsaciennes prennent le chemin inverse.
14 juillet 1907
Le drapeau qui fait scandale
Au retour de Belfort, une vive altercation éclate entre voyageurs alsaciens et employés allemands. Refusant de payer un supplément de billet, un voyageur brandit un drapeau français. Dans la cohue, un jeune homme de dix-sept ans trouve tragiquement la mort.
15 juillet 1912
La gare de Montreux-Vieux saccagée
Près de 1 500 voyageurs, enfermés dans une salle d’attente surchauffée, brisent portes et fenêtres pour respirer. Les affrontements avec les autorités allemandes conduisent à plusieurs arrestations.
31 août 1913
L’aventure d’un drapeau tricolore
Un ancien zouave français traverse la frontière en agitant fièrement un drapeau. À Montreux-Vieux, les autorités allemandes le confisquent immédiatement avant de le renvoyer… à Belfort.
14 juillet 1915
Une fête malgré la guerre
Office religieux le matin, jeux populaires l’après-midi près de la maison de Gustave Mangolte : les habitants célèbrent la fête nationale dans un esprit d’union.
14 juillet 1926
Quel avenir pour la ligne Montreux-Vieux – Lauw ?
Les discussions se poursuivent pour maintenir une partie de la ligne ferroviaire au service des embranchements industriels.
Une frontière où le 14 Juillet prenait une dimension particulière
Dans bien des villages français, le 14 Juillet est synonyme de bals, de feux d’artifice et de réjouissances populaires. À Montreux-Vieux, village frontalier au destin singulier, cette journée possède une résonance toute particulière. Les archives montrent qu’elle fut, durant des décennies, le reflet des relations complexes entre la France et l’Alsace annexée.
Après 1871, chaque année, des milliers d’Alsaciens profitent de l’autorisation qui leur est accordée pour franchir la frontière et rejoindre Belfort afin d’y célébrer la fête nationale française. Ce voyage est bien plus qu’une simple excursion festive : il exprime un profond attachement à la France.
La gare frontière de Montreux-Vieux devient alors le théâtre d’impressionnantes scènes. En 1889, un train de trente-quatre voitures est nécessaire pour ramener les voyageurs. Les contrôles sont si longs que le convoi arrive avec près de deux heures de retard à Mulhouse.
Les années suivantes, les tensions s’accroissent. En 1907, une querelle à propos d’un supplément de billet dégénère en bagarre. Un voyageur brandit un drapeau tricolore face aux employés allemands, geste hautement symbolique. La foule est telle qu’un jeune Alsacien perd malheureusement la vie, écrasé dans la cohue.
En 1912, la situation tourne presque à l’émeute. Entassés dans une salle d’attente étouffante, près de mille cinq cents voyageurs forcent les portes et brisent les fenêtres pour retrouver un peu d’air. Les affrontements qui suivent conduisent à plusieurs arrestations et font la une de la presse nationale.
Même les anecdotes prennent une dimension politique. En 1913, un ancien soldat français voulant transporter un drapeau tricolore jusqu’en Alsace voit celui-ci immédiatement confisqué à la gare de Montreux-Vieux par les autorités allemandes. Ce simple morceau d’étoffe devient alors un véritable symbole.
Pourtant, le 14 Juillet n’est pas seulement une succession d’incidents. Les archives évoquent aussi des moments de joie. En 1915, malgré la guerre, les habitants se retrouvent pour un office religieux, puis pour des jeux populaires, témoignant de leur volonté de préserver un peu de normalité.
Enfin, les documents rappellent également le rôle économique essentiel de Montreux-Vieux. Le 14 juillet 1894, la gare connaît un trafic exceptionnel de voyageurs, mais aussi de marchandises : fruits, légumes, volailles et surtout les célèbres cerises alsaciennes transitent par cette porte entre la France et l’Alsace.
Ainsi, au fil des décennies, le 14 Juillet raconte bien davantage que la fête nationale. À Montreux-Vieux, il est le miroir d’une histoire faite de patriotisme, de passages de frontière, de développement ferroviaire, d’échanges commerciaux, mais aussi de tensions entre deux nations. Peu de villages peuvent se prévaloir d’avoir vu leur gare devenir, année après année, l’un des principaux théâtres de cette histoire.
Sources : site WordPress montreux-vieux.net, L’Express, l’Alsace, les DNA.
Fête du 14 juillet en 1915
14 juillet 1915 On a fêté joyeusement la fête nationale : le matin office à l’église, l’après midi , jeux variés sur le pré à côté de la maison de Gustave Mangolte.
Ligne Montreux-Vieux – Lauw
14 juilet 1926 M. André Tardieu, poursuivant ses démarches au sujet de la ligne de Montreux-Vieux à Lauw. a reçu du directeur des chemins de fer d’Alsace et de Lorraine, la lettre suivante :
Strasbourg, le 5 juillet 1923. Monsieur le Député, Par lettre en date du 3 juin dernier, vous avez bien voulu me demander de compléter les renseignements que je vous ai déjà fournis au sujet de la ligne de Montreux-Vieux à Lauw, en vous indiquant combien de temps peut encore durer, d’après nos prévisions, le trafic réduit oui s’y effectue actuellement.
J’ai l’honneur de vous faire connaître que M. le Ministre des Travaux public nous a demandé d’étudier la possibilité de maintenir le tronçon de Montreux-Vieux à Fousseinagne, comme voie-mère d’embranchements industriels.
Si cette solution est réalisée, le trafic de marchandises sera maintenu dans l’avenir jusqu’à Fousseinagne mais au-delà, il cessera dés que l’administration militaire aura pris la décision de faire déposer la voie. Veuillez agréer, etc…
Le Directeur. Lette solution, bien que partielle, serait accueillie avec satisfaction. Sources : Le Républicain de Belfort 14 juillet 1926