Modifications de la gare de Montreux-Vieux après guerre 1939/1945

À la suite du bombardement qui précéda la Libération en novembre 1944, la gare de Montreux-Vieux fut fortement endommagée. À travers le toit, l’eau pénétra à l’intérieur du bâtiment, menaçant partiellement son effondrement. L’administration des chemins de fer décida alors, en raison de l’urgence des réparations mais aussi des restrictions économiques, d’effectuer des transformations qui redonneraient à la gare son aspect d’avant 1870.

L’ancienne gare avait connu tous les niveaux de hiérarchie, depuis une gare de 1re classe jusqu’à une gare de 5e classe. Avec ses neuf agents de l’époque, puis les 160 employés qu’elle compta pendant l’occupation de 1940 à 1944 comme gare frontière, elle se situait alors au second rang du département de Belfort pour l’importance du trafic de marchandises expédiées et reçues. Selon les événements, les années 1935 et 1940 furent particulièrement marquantes.

Jusqu’à la Première Guerre mondiale, la petite gare prit de plus en plus d’importance. Deux salles d’attente furent aménagées, ainsi qu’un buffet-restaurant, une salle d’arrivée avec bibliothèque, etc. Le regroupement des réseaux ferroviaires dans la S.N.C.F. en 1935 donna une impulsion décisive à son activité : elle devint une gare d’échange où l’on changeait les locomotives et le personnel. Deux dortoirs furent construits pour les cheminots ainsi qu’un grand dépôt. Après un léger recul entre 1935 et 1940, causé par certaines réductions dans le transport de marchandises, la gare retrouva une grande activité en 1940 avec l’occupation. De nouveaux bâtiments furent ajoutés : douane, garde-frontière, etc. Montreux-Vieux, gare frontière, fut élevée au rang de gare principale. Les bombardements de 1944, et surtout la destruction systématique des installations existantes — bureau du directeur des postes, grande grue, château d’eau de 200 m³ — avaient durement touché la gare.

La nouvelle gare

L’entrepreneur M. Jérôme Schnitzler, chargé des travaux de reconstruction, et l’entreprise Joseph Bonato réalisent les transformations. Les changements sont de double nature : d’une part la démolition de toutes les annexes de la gare (garage à vélos, salles d’attente, magasin, vestibule, bureau du directeur des postes), d’autre part l’aménagement d’un bureau avancé du directeur des postes sur le quai, où se tient le chef de service.

Les travaux ont déjà commencé. Les conséquences de ce projet sur le fonctionnement du service et la répartition des locaux sont les suivantes : les salles d’attente disparaissent ; il ne reste qu’un simple vestibule avec deux bancs. Le bureau du chef de gare sera déplacé du côté ouest du bâtiment ; le directeur des postes occupera le centre de la gare avec ses installations.

Le bureau avancé du directeur des postes sur le quai permettra au chef de service de voir les trains arrivant dans les deux directions. Il est prévu que le chef de service tienne le guichet des billets avant 8 heures et après 18 heures, séparé seulement par une porte communicante. Ces modifications permettront également au chef de service de manœuvrer la barrière la nuit au moyen d’un treuil, depuis le bureau du directeur des postes. La barrière du passage à niveau située du côté de Delle sera reculée d’environ cinq mètres à cet effet ; un signal électrique sera installé pour les automobilistes et déclenchera une sonnerie dans le bureau du directeur des postes.

Sources d’un journal en allemand non identifié ni daté.

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