Durant près d’un demi-siècle, le 14 Juillet ne fut pas seulement la fête nationale française : à Montreux-Vieux, il devint le symbole de l’attachement des Alsaciens à la France.
Après l’annexion de l’Alsace en 1871, les habitants pouvaient encore franchir la frontière pour se rendre à Belfort et participer aux festivités. Chaque année, des milliers d’Alsaciens empruntaient le train au départ de Montreux-Vieux afin d’assister aux revues militaires, aux concerts et aux feux d’artifice.
L’affluence était telle qu’en 1889 un train exceptionnel de trente-quatre voitures fut nécessaire pour ramener les voyageurs. À la gare frontière de Montreux-Vieux, les autorités allemandes procédèrent à un contrôle extrêmement minutieux des laissez-passer (Passkarte). Pendant près de deux heures, les voyageurs furent retenus, provoquant un important retard jusqu’à Mulhouse.
Deux ans plus tard, en 1891, la surveillance se durcit encore. Tous les Alsaciens revenant de Belfort furent interrogés : où avaient-ils passé la journée ? Pourquoi étaient-ils venus en France ? Les réponses furent soigneusement consignées par les autorités allemandes. Ces formalités, vécues comme des humiliations, retardèrent les trains de plusieurs heures. De nombreux voyageurs manquèrent leurs correspondances et durent passer la nuit dans les salles d’attente de la gare ou dormir dehors en attendant les premiers trains du lendemain.
À Belfort, l’ambiance était tout autre. Les Alsaciens y étaient accueillis avec une grande chaleur. Au terme des festivités, ils étaient accompagnés jusqu’à la gare par les fanfares de la ville, dans une atmosphère de fraternité qui contrastait avec la sévérité rencontrée à la frontière.
Le 14 juillet 1907 donna lieu à un épisode particulièrement mouvementé. À leur retour, les voyageurs refusèrent de payer un supplément exigé par les employés des chemins de fer allemands. Une vive altercation éclata sur le quai de la gare de Montreux-Vieux. Au cours de la bousculade, un jeune Alsacien de dix-sept ans fut renversé et grièvement blessé. Selon les journaux de l’époque, un voyageur brandit alors un drapeau français en demandant avec défi s’il fallait également acquitter un « droit d’entrée » pour ce symbole.
Ces épisodes montrent que la gare de Montreux-Vieux ne fut pas seulement un point de passage entre deux pays. Elle devint un véritable lieu de mémoire où se manifestaient, chaque 14 Juillet, les tensions entre la France et l’Empire allemand, mais aussi la fidélité de nombreux Alsaciens à leur histoire et à leurs convictions.
Aujourd’hui encore, ces récits rappellent que derrière les contrôles, les retards et les incidents se cachaient une réalité plus profonde : pour beaucoup d’Alsaciens, se rendre à Belfort le 14 Juillet était un acte de cœur autant qu’un voyage
Puis, après la reconquête (1914 ), furent organisés des bals populaires par les associations locales, des défilés par la musique municipale après le traditionnel dépôt de gerbes déposé par la municipalité au monument aux morts. Cette tradition s’est poursuivie après la libération de 1945. Dans mon enfance, toutes les maisons étaient pavoisées du drapeau tricolore ce jour là mais aussi le 8 mai et le 11 novembre.
Dans les années 1968/1972 c’était la société théâtrale qui organisait le bal du 14 juillet avec l’orchestre les « Silver Star » pour animer les festivités. Un petit feu d’artifice était aussi tiré depuis le pré de la famille Steinmetz à côté de la salle des fêtes.
Aujourd’hui c’est la commune avec l’association Montreux-Sports qui ont repris cette tradition avec la participation des enfants pour le défilé aux lampions et le traditionnel feu d’artifice.












