Transport de fleurs fraiches du midi de la France par Montreux-Vieux.

Transport de fleurs fraîches du midi de la France par Montreux-Vieux.

Fin du 19è siècle, les fleurs du midi de la France, Nice, Grasse, Menton, etc étaient expédiées par wagons entiers à destination de l’Allemagne, de la Russie et des pays du Nord.

Fraîches, coupées, etc, elles transitaient par Montreux-Veux et c’est aussi ici que l’on transbordait des wagons complets de corbeilles de fleurs destinées en grande partie pour Berlin, pour être de là expédiées dans toutes les parties de l’Allemagne. Afin d’en hâter l’arrivée on accroche même les wagons aux trains de voyageurs.

Pour en garantir la fraîcheur, du 15 au 30 avril 1914, un essai de transports de fleurs par wagons frigorifiques de Nice au Nord et en Allemagne par Montreux-Vieux frontière allemande a eu lieu. Cet essai a apparemment été concluant et d’autres ont suivi.

Ci-dessous les articles publiés à l’époque par le journal l’Express.

Montreux-Vieux. — Les fleurs du Midi de la France font l’objet d’actives transactions, car tous les jours il en passe ici des wagons complets à destination de L’Allemagne.Sources l’Express 30 janvier 1897

Montreux-Vieux, 9 décembre. — Les envois de fleurs fraîches du Midi de la France arrivent en grande quantité et l’on transborde à la gare de Montreux-Vieux des wagons complets de corbeilles qui sont destinées en grande partie pour Berlin. Sources : Express 10 décembre 1898

Montreux- Vieux, 20 novembre. — Le transit des fleurs coupées du Midi, à destination de l’Allemagne, de la Russie et des pays du Nord a recommencé en même temps que la saison froide. Il sera considérable jusqu’après le Nouvel-An. Sources : Express 21 novembre 1899

Montreux-Vieux, 1” août. — Les expéditions de fleurs et de fruits du Midi prennent tous les ans plus d’extension et il arrive que tous les jours passent des wagons complets de ces envois à destination de Berlin, Hambourg et Brème. C’est à présent le tour des raisins de table. Afin d’en hâter l’arrivée on accroche les wagons aux trains de voyageurs. Le transit de la volaille est également considérable. Nombre d’envois sont destinés à l’Allemagne du sud. Sources : Express 2 août 1901

Montreux-Vieux, 20 nov. — Les expéditions de fruits du midi et de fleurs de Nice en transit, par la gare de Montreux-Vieux, sont toujours considérables. Des wagons chargés d’oranges passent à destination de Berlin, de Cologne ou de Francfort. Sources : Express 21 novembre 1901

MONTREE X-VIEUX, 30 janvier. — L’importation de fleurs du sud de la France croit chaque année. Il ne se passe pas de jours où un wagon venant de Nice, de Grasse ou de Menton ne stationne en gare .de Montreux Vieux. Les fleurs sont généralement dirigées sur Berlin pour être de là expédiées dans toutes les parties de l’Allemagne. Sources : Express 1er février 1913

Un essai de transports de fleurs par wagons frigorifiques de Nice au Nord et en Allemagne par Montreux-Vieux frontière allemande a eu lieu du 15 au 30 avril 1914. Apparemment concluant d’autres se sont succédés. Sources : Bulletin mensuel, Volumes 54 à 56 Société centrale d’agriculture, d’horticulture et d’acclimatation de Nice et des Alpes-Maritimes 1914.

Quand les fleurs du Midi traversaient Montreux-Vieux : une histoire parfumée sur les rails

À la Belle Époque, la gare frontière de Montreux-Vieux ne voyait pas seulement défiler les voyageurs et les trains internationaux. Elle était également le théâtre d’un trafic aussi étonnant que délicat : celui des fleurs fraîches venues du Midi de la France.

Chaque printemps, des milliers de bouquets étaient expédiés depuis les régions de Nice, Grasse, Menton ou encore Cannes. Roses, œillets, violettes, jasmins, muguets et autres fleurs parfumées prenaient place dans des wagons spécialement destinés à rejoindre les grands marchés d’Allemagne et d’Europe centrale. Berlin, Hambourg, Cologne ou Francfort attendaient avec impatience ces cargaisons qui traversaient la France avant de franchir la frontière à Montreux-Vieux.

La rapidité était essentielle. Les fleurs étant particulièrement fragiles, les compagnies ferroviaires cherchaient à réduire au maximum les délais de transport. Dès le début du XXᵉ siècle, certains wagons de fleurs étaient même incorporés aux trains de voyageurs, plus rapides que les convois de marchandises. Grâce à cette organisation, des fleurs cueillies le matin sur la Côte d’Azur pouvaient être proposées à la vente dès le lendemain sur les marchés berlinois.

Les archives témoignent de l’importance de ce commerce. À l’approche du 1er mai, le muguet faisait l’objet d’expéditions considérables vers l’Allemagne. Les journaux de l’époque soulignent que des wagons entiers franchissaient quotidiennement la frontière de Montreux-Vieux, preuve du dynamisme de cette filière horticole.

Toujours à la pointe du progrès, les compagnies de chemin de fer expérimentèrent, au printemps 1914, l’utilisation de wagons frigorifiques pour préserver toute la fraîcheur des fleurs durant leur long voyage. Cette innovation annonçait déjà les futures techniques de transport sous chaîne du froid.

Le trafic ne concernait d’ailleurs pas uniquement les fleurs. Les mêmes trains acheminaient également les oranges, les raisins, les fruits du Midi ainsi que d’autres produits périssables destinés aux marchés européens. La gare de Montreux-Vieux jouait ainsi un rôle essentiel dans la circulation des richesses entre le sud de la France et les grandes villes du continent.

Aujourd’hui, il est difficile d’imaginer que cette paisible gare alsacienne ait été, il y a plus d’un siècle, l’un des passages incontournables des fleurs du Midi. Pourtant, chaque printemps, un véritable parfum de Provence et de Côte d’Azur flottait sur les quais de Montreux-Vieux, rappelant que le chemin de fer savait aussi transporter la beauté, les couleurs et les senteurs à travers toute l’Europe.

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