Les bois et les forêts de Montreux-Vieux
Un patrimoine naturel au cœur de l’histoire du village
Montreux-Vieux est un village de plaine. Pourtant, les bois qui l’entourent occupent depuis des siècles une place essentielle dans la vie des habitants. Source de chauffage, de matériaux de construction, de chasse, de promenades et aujourd’hui de préservation de la biodiversité, la forêt communale constitue l’un des plus précieux patrimoines de la commune.
Les premières décisions
Les archives communales montrent que, dès le XIXᵉ siècle, les élus accordaient une grande importance à la gestion des arbres.
Le 1er février 1835, le conseil municipal décide de faire planter des arbres le long des chemins afin d’en matérialiser les limites et d’embellir les voies de communication. Les plantations devront respecter un espacement de cinq mètres et une demande d’autorisation est adressée au préfet afin que les habitants puissent également créer de jeunes bois. Cette décision témoigne déjà d’une véritable politique de gestion du paysage rural.
La forêt communale
Au fil des décennies, la forêt communale devient un élément majeur du territoire.
L’inventaire réalisé vers l’an 2000 permet d’en mesurer toute l’importance :
- superficie : 54 hectares et 8 ares ; (68ha en 2009)
- périmètre des bois : 9 950 mètres ;
- 10 414 arbres recensés ;
- volume total : 12 340 m³ de bois.
La diversité des essences est remarquable.
On y trouve notamment vers l’an 2000:
- 2 729 chênes ;
- 7 638 hêtres ;
- 3 107 charmes ;
- 998 érables ;
- 728 frênes ;
- 277 épicéas ;
- des merisiers et plusieurs centaines d’autres feuillus.
Les chênes représentent près de 70 % du peuplement forestier, faisant de Montreux-Vieux une commune largement dominée par cette essence noble.
La Grande Forêt
Pour les anciens habitants, la forêt possède également une forte valeur sentimentale.
Dans les souvenirs recueillis sur le blog, l’entrée du village se faisait autrefois par la « La Brière », que les enfants appelaient simplement La Grande Forêt.
Avant la construction des lotissements modernes, cette vaste lisière constituait le premier paysage aperçu en arrivant à Montreux-Vieux. Beaucoup d’habitants y ont joué, ramassé des champignons ou simplement profité de longues promenades familiales.
Une richesse économique
La forêt n’était pas seulement un espace de loisirs.
Pendant des générations, elle fournissait :
- le bois de chauffage ;
- le bois de charpente ;
- les piquets pour les cultures ;
- le bois destiné aux artisans locaux.
Le blog WordPress montreux-vieux.net rappelle d’ailleurs qu’en 1924 un marchand de bois exerçait son activité à Montreux-Vieux, preuve que le commerce du bois participait à l’économie du village. Il s’agissait de Monsieur Schott Hubert inscrit au Journal Officiel de la République Française en date du 16 avril 1924, numéro 8556.
Une forêt au service des habitants
La forêt continue aujourd’hui d’être utilisée pour les activités de plein air.
Le blog évoque notamment l’aménagement d’un terrain d’entraînement forestier mis à disposition de l’ASCL,(aujourd’hui l’Union cycliste Montreux-Vieux) dont les bénévoles ont assuré le débroussaillage et la mise en valeur du site. Cette initiative illustre la volonté de préserver la forêt tout en permettant aux associations locales d’en profiter.
Une gestion durable
La forêt communale fait l’objet d’un plan d’aménagement élaboré par l’Office national des forêts se terminant le 31 décembre 2027. Celui-ci fixe les objectifs de gestion, de renouvellement des peuplements, de protection de la biodiversité et de production de bois pour plusieurs décennies, garantissant ainsi la transmission de ce patrimoine aux générations futures.
Un patrimoine vivant
Aujourd’hui encore, les bois de Montreux-Vieux constituent un véritable poumon vert. Ils accueillent promeneurs, sportifs, chasseurs, cueilleurs de champignons et amoureux de la nature.
Ils rappellent aussi que, derrière les chiffres et les inventaires, la forêt est avant tout un lieu de mémoire. Chaque sentier, chaque vieux chêne et chaque clairière racontent une part de l’histoire de Montreux-Vieux, où la nature et les habitants ont toujours entretenu des liens étroits.
Quelques détails : Terrains et forêts
Le 2 juin 1819 le Conseil Municipal considérant qu’il existait un terrain communal « au levant et midi » de l’habitation du sieur Louis Kleinendions lequel avait adressé une pétition au Préfet de Belfort a décidé de lui céder à la condition que le prix soit fixé par deux experts nommés l’un par la commune l’autre par l’acheteur.
Le 11 décembre 1819 la coupe de bois annuelle a été arrêtée comme suit : 4 stères pour l’école, 4 stères pour M. le Curé, 19 stères pour le Corps de Garde et 4 stères pour la commune.
Le 10 novembre 1820 la forêt du Breuleux est mis en vente en 16 “portions” par la famille Reinach de Foussemagne. La vente fut annulée, le Conseil Municipal en date du 10 novembre 1820 s’étant opposé à celle-ci considérant que cette forêt était investie par la commune d’un droit de “pâturage”.
Le 25 mai 1822 Joseph Cuenin le vieux accepte un terrain de la commune. L’acte de vente a été signé devant Me Charbonnier, Notaire Royal à Foussemagne.
Le 12 août 1822 le Conseil Municipal a nommé 2 experts pour le bornage d’un “canton” de champs que cède Jean Pierre Charbonnier à la commune en terre “vague et vaine de midi et minuit” jouxtant la forêt “Le Jeune Bois” “de levant et le ruisseau la Grubaine de couchant”.
Le 27 janvier 1830 un traité fut signé pour le règlement des frais de façonnage de bois entre les bûcherons, la commune et le garde général
Le 30 août 1830 le salaire du sieur François Xavier Patat, journalier a été fixé à 2F, 45 par 4 stères de bois façonné , empilé et autant par cent de fagots . Il lui fut demandé de s’engager également à planter 6 000 “racines” arbres.
Le 26 février 1831 Le Sous-Préfet demande à la commune de couper et vendre 8 chênes pour équiper la garde nationale.
Le 12 septembre 1831 le sieur Cuenin et Heck Georges Désiré bénéficient d’un contrat de travaux de façonnage de bois. Ils devront également planter 6 000 bois après avoir extirpé les bruyères avant la plantation et creuser 251 m de fossés.
Le 10 avril 1832 le Conseil Municipal a décidé de mettre en culture par voie de fermage un terrain communal inculte situé entre la forêt dite “La Brière de levant “ et la chaussée de “La Grande Route de couchant” La longueur de celui-ci étant de 420 m sur environ 20 m de largeur.
Le 20 janvier 1835 a été décidé que la totalité de la coupe de bois sera réservée aux habitants de la commune compte tenu qu’il est très difficile de se procurer du bois.
Le 1er février 1835 il a été décidé qu’une plantation de bois se fera de chaque coté des chemins afin de les rendre plus visibles. Une demande a été adressée au Préfet afin que les habitants puissent créer de jeunes forêts. Une distance de 5 m séparera les plantations.
Le 4 février 1836 suite à plusieurs plaintes le maire a rédigé un règlement imposant aux propriétaires de champs en jachères qui les sèmeront de laisser un passage afin que les troupeaux puisent aller et venir au lieu-dit “Les longues raies”
Le 4 février 1836 les terrains ou étaient extraits les matériaux “sur le vernois” étaient mis en affermage pendant 9 ans, charge au locataire de les combler, les niveler et les ensemencer.
Le 6 mai 1836 le Conseil Municipal demande au Préfet l’autorisation d’éclaircir un canton de bois du Breuleux dont la commune est propriétaire.
Le 8 mai 1855 la coupe de bois pour l’année est fixée comme suit : 6 stères et 100 fagots pour la salle de l’école et 3 billes chênes pour les services communaux.
Le 5 août 1855 Gerber Pierre Louis fut chargé de la plantation de 5 000 chênes au “Jeune Bois”
Le 10 juin 1856 le Conseil Municipal vote un crédit de 10 f pour frais d’habillement et d’équipement du garde forestier local.
Le 3 août 1857 un nouveau crédit de 10 f a été voté pour l’habillement du garde forestier local
Le 2 avril 1876 M. Roess est nommé garde forestier.
Le 23 juin 1856 le Conseil Municipal demande que le déficit provoqué par le passage du chemin de fer dans le Breuleur soit compensé par la réintégration en forêt communale de la parcelle dit du “Bois Juré”
Le 23 juin 1858 la superficie de la forêt communale est de 53 ha surface étant la même en 2003.
Le 13 avril 1862 la commune est obligée de verser au Préfet la somme de 10 f pour le contingent des frais de nourriture des délinquants forestiers insolvables.
Le 11 janvier 1863 le Conseil Municipal décide de sortir des forêts pendant 3 ans de suite, 120 cerisiers pour les planter le long des chemins 32 et 38.
Le 10 février 1863 le Conseil Municipal vote un crédit à titre de gratification au garde forestier Pelletier de 10 f pour lui prouver sa gratitude.












