Paul Finck rentré dans son foyer 6 ans après la fin de la guerre 1939/1945.

Paul Finck est né à Montreux-Vieux le 07 juillet 1918, il est décédé le 08 février 2008.Il a été mobilisé le 18 avril 1943 et envoyé sur le front russe. Incorporé dans l’armée allemande sous le n° 25 655, il fut porté disparu. Après les recherches décrites ci-dessous il est finalement rentré en 1951, 6 ans après la fin de la guerre.

Début septembre 1951, à Montreux-Vieux, le conseil municipal et toute la population attendaient. Paul Finck reçut des fleurs, écouta les paroles de bienvenue de M. le maire Seiler, se laissa embrasser par ses amis et connaissances. Puis il se rendit jusqu’au monument aux morts, déposa le bouquet, s’inclina légèrement et lut les noms.

ll lisait ces noms et, en même temps, toute l’histoire des épreuves de son village natall.

Ainsi, en pensée, il alla aussi à la rencontre de ceux qui n’étaient pas dans la cour de l’école, là où les guirlandes se balançaient gaiement dans le soleil du soir…

Ci-dessous un article traduit d’un journal écrit en allemand sur Paul Finck qui n’est rentré qu’en 1951.

Le titre : Y a-t-il encore des prisonniers de guerre alsaciens en Russie ?

Cette question préoccupe encore énormément de familles en Alsace. Le cas du jeune Paul Finck, de Montreux-Vieux, semble confirmer que certains de nos compatriotes incorporés de force dans la Wehrmacht se trouvent encore prisonniers en Union soviétique.

Paul Finck, né le 7 juillet 1918, fut mobilisé le 18 avril 1943 et rapidement envoyé sur le front russe. Peu après, il fut porté disparu. La seule indication conservée par sa famille était son numéro de poste militaire : 25 655.

En 1946, H. Finck, le père du disparu, eut l’agréable surprise de recevoir une carte postale de Russie portant le cachet de Moscou. Son fils y annonçait qu’il était vivant et détenu dans un camp de prisonniers. M. Finck entreprit aussitôt des démarches auprès de toutes les autorités susceptibles de l’aider : la préfecture, le député, le Centre de coordination pour le rapatriement des Alsaciens et Lorrains, etc. Il envoya également une photo et l’adresse de son fils. Par la suite, il reçut encore plusieurs cartes postales de Russie.

Au début de 1947, le commandant militaire d’Aix-la-Chapelle informa la mairie de Montreux-Vieux qu’un prisonnier allemand libéré de Jorga, une ville nouvellement construite près de Tomsk en Sibérie, avait rencontré Finck. Tous les Alsaciens de ce camp auraient été libérés. Finck, lui, se trouvait cependant dans un commando éloigné et aurait été oublié lors du rapatriement. M. Finck se rendit alors à Aix-la-Chapelle pour en savoir davantage. Le prisonnier rapatrié ne savait toutefois pas grand-chose : Paul Finck aurait été interné dans sa compagnie, malade, et attendait impatiemment sa libération.

Le 1er avril, la préfecture informa H. Finck qu’à la suite d’une nouvelle intervention de l’Agence civile de rapatriement en U.R.S.S., « les autorités russes refusent la libération de Finck parce que sa nationalité ne peut être clairement établie ». Il serait donc utile d’envoyer un certificat de nationalité. Une information similaire fut transmise à l’Association des déserteurs, évadés et incorporés de force ainsi qu’au Comité de coordination pour le rapatriement des Alsaciens et Lorrains à Mulhouse, par l’ambassade de France à Moscou.

En 1948, H. Finck reçut encore deux cartes de son fils, adressées à : « U.R.S.S., boîte postale 526 B » et « Moscou 7526/2 ». Ces cartes furent transmises par la Croix-Rouge et mirent environ deux mois à arriver. On espère maintenant que, si la nationalité du détenu est officiellement reconnue et que les autorités russes reçoivent ce document, plus rien ne s’opposera au retour du jeune homme.

Trop de familles vivent encore dans l’angoisse et l’espoir au sujet du sort de leur mari ou de leur fils. Puisse cette nouvelle leur redonner un peu d’espoir !

L’article est traduit de l’allemand d’un journal inconnu ni daté

Un premier article sur les prisonniers !

Vendredi 14 septembre 1951

À l’hôpital Lyautey de Strasbourg

Les rapatriés de Russie passent leur première nuit dans une liberté retrouvée

(De notre correspondant spécial à Strasbourg)

Un mois, presque jour pour jour, après l’arrivée d’un petit contingent de rapatriés de Russie, un groupe d’Alsaciens et de Lorrains est revenu hier en France après plus de sept années d’absence.

Il s’agit de : Damien Koehner de Hochstett, René Eber de Morsbronn, Joseph Lenz de Zeinheim, Léon Muller de Strasbourg, Émile Rohrfutsch de Strasbourg, Pierre Suck de Havange, Alfred Hoehn de Creutzwald, Paul Finck de Montreux-Vieux, Jean-Paul Mellinger de Hirsingue. Tous étaient attendus avec une grande impatience.

Le dixième rapatrié est un certain Roger Pruvost, de Seine-et-Oise, ancien membre de la L.V.F. Condamné par le tribunal de Versailles à vingt ans de travaux forcés, il rentrera chez lui menotté, escorté par deux gendarmes.

Les rapatriés avaient quitté Berlin hier matin à 4 h 45 en autocar. Leur passage à Mayence avait été signalé à 17 heures. Les Russes avaient autorisé sans difficulté le franchissement de la ligne de démarcation. Le rapide Francefort-Vintimille les conduisit ensuite via Lauterbourg vers l’Alsace.

À leur arrivée à Strasbourg à 21 h 45, ils furent accueillis par H. Plettner, directeur de cabinet du préfet du Bas-Rhin. Ils furent aussitôt conduits à l’hôpital Lyautey, où ils passèrent la nuit.

Aujourd’hui, ils devront accomplir les formalités nécessaires pour redevenir enfin, du moins neuf d’entre eux, des hommes libres.

L’une de leurs premières démarches consistera à déposer une gerbe au monument aux morts de la ville de Strasbourg.

Notons encore qu’à la gare de Strasbourg, une sœur et un jeune neveu de Paul Finck attendaient : il fut le seul rapatrié ayant eu la chance d’être accueilli par des membres de sa famille.

— R.K.