Coutumes anciennes

Un petit article sur les coutumes anciennes dont certaines et certains se souviennent encore.

Toutes les pieuses coutumes du Sundgau

Un ancien Sundgauvien nous écrit au journal, je pense vers 1950 ?:

Dans mes vieux jours, je dois malheureusement constater que, dans la pratique de nombreuses anciennes coutumes religieuses auxquelles, dans ma jeunesse, on tenait avec une grande ferveur, un certain relâchement s’est installé. Beaucoup de ces usages, auxquels nos ancêtres étaient profondément attachés, risquent ainsi de disparaître.

Ce serait fort regrettable et peu conforme au caractère chrétien du Sundgau. Il ne s’agit pas ici d’en rechercher les causes, mais chacun de nos lecteurs, et tout particulièrement nos lectrices, reconnaîtra certainement la véracité de ce qui suit.

Dès le lever, la foi catholique marquait la vie quotidienne. Les enfants saluaient leurs parents et les autres membres de la famille en disant :

« Loué soit Jésus-Christ ! »

Avant cela, ils trempaient leurs doigts dans le bénitier accroché près de la porte de la maison et faisaient le signe de croix avec l’eau bénite.

Le même salut était prononcé avant le coucher. Chaque fois que l’on quittait la maison, on faisait également le signe de croix avec l’eau bénite. Aucun visiteur ne partait le soir sans accomplir ce geste.

Avant de partir à l’école, la mère réunissait tous les enfants dans la pièce principale pour la prière du matin, récitée à genoux. De même, le soir avant de se coucher, toute la famille, jeunes et moins jeunes, se réunissait pour dire ensemble la prière du soir.

Avant et après chaque repas, on récitait les prières de table, debout autour de la table.

En hiver, chaque soir, on récitait le chapelet dans toutes les maisons. Toute la famille s’agenouillait, souvent en prenant appui sur une chaise. Le soir de la Toussaint, on récitait même trois chapelets en mémoire des défunts : c’était ce que l’on appelait « l’heure des morts ».

Une autre coutume pieuse concernait le pain. La mère était chargée de couper la miche fraîche et ne manquait jamais, avant d’y planter le couteau, de tracer un signe de croix sur la partie inférieure du pain.

Lorsque sonnait l’Angélus, le matin, à midi ou le soir, tout travail s’arrêtait. Que l’on soit à la maison ou dans les champs, chacun récitait sa prière.

Lorsque les paysans passaient devant une croix de chemin, les hommes et les garçons retiraient leur chapeau, tandis que les femmes faisaient le signe de croix. Dans notre petit village, il y avait une douzaine de ces crucifix publics, élevés par les ancêtres et entourés d’un profond respect. Aujourd’hui, il n’en reste plus que quatre ou cinq. Même en passant devant la croix située près de l’église, chacun faisait le signe de croix.

Lorsqu’un violent orage éclatait en été, la mère rassemblait ses enfants dans la maison et récitait avec eux trois Notre Père et trois Je vous salue Marie.

Derrière le crucifix, on conservait un rameau bénit du dimanche des Rameaux ainsi que les restes d’un cierge de la Chandeleur afin de protéger la maison contre la foudre.

Qui prie encore aujourd’hui dans les champs lorsque les dernières gerbes sont coupées ?

Trouve-t-on encore, à la porte de chaque étable, une image bénite de sainte Agathe pour protéger les bâtiments contre l’incendie ?

Bénit-on encore les étables avec de l’eau bénite lorsqu’une maladie menace le bétail, comme on le faisait autrefois ?

Enfin, lorsqu’on rencontrait un prêtre, on le saluait en disant :

« Loué soit Jésus-Christ ! »

Et celui-ci répondait :

« À jamais. Amen. »

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